Greenpeace veut faire annuler le projet agro-industriel Camvert

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(BFI) – Alors que la Cop 26 s’ouvre ce 31 octobre à Glasgow, Greenpeace s´indigne des récents chiffres jugés inquiétants sur les pertes forestières au Cameroun. L´organisation de protection de l’environnement a exigé le 27 octobre 2021 dernier, l’annulation du projet Camvert, du nom d’une société de production d’huile de palme. Le projet Camvert s’étale sur près de 60 000 hectares de forêt, et ambitionne de produire 200 tonnes d’huile de palme et créer des milliers d’emplois. Pour Greenpeace, il faut le stopper pour sauver la forêt. 

Selon le récent rapport de l’Observatoire National des Changements Climatiques, entre 2000 et 2017, le Cameroun a perdu 1,5 millions d’hectares de son massif forestier. Le World Resources Institute dans une publication en début de 2021, classait le Cameroun en 2020, dans le top 10 mondial des pays avec la plus grande perte des forêts primaires, soit plus de 100 000 Hectares de forêts primaires détruites sur cette seule année. Du côté des autorités, c’est pourtant l’optimisme qui est affiché, quant à la capacité du Cameroun de remplir efficacement ses engagements internationaux. Un engagement que la société Camvert selon Greenpeace, veut compromettre avec son projet de palmeraie sur 60 000 hectares

« La situation reste assez préoccupante quand on sait que le Cameroun comme les autres Etats Africains, est très vulnérable face aux changements climatiques. Aussi faudrait-il souligner que chaque fois qu’un hectare de forêt est rasé, ce sont les communautés riveraines qui paient le lourd tribut car leur survie est étroitement liée à la protection de la forêt » indique Ranece Jovial Ndjeudja, responsable chez Greenpeace Afrique Cameroun.

200 000 tonnes d’huile de palme annuelle, assorties de milliers d’emplois. C’est l’ambition de Camvert, le projet agro-Industriel qui vise la création d’un complexe de production et de transformation de l’huile de palme dans les arrondissements de Campo et de Niété au Sud du Cameroun. Le complexe sera constitué d’une palmeraie industrielle de 50 000 ha, soutenue par des palmeraies communautaires de 5 000 ha pour les riverains sous contrat avec l’entreprise. Trois unités de transformation d’une capacité minimale chacune de 60 000 tonnes d’huile de palme et de 6 000 tonnes d’huile de palmiste et bien d’autres. Pour ses promoteurs, il n’est point question d’une atteinte à la préservation de l’environnement. « Parlant de la déforestation qui est en réalité mise en exergue par ces Ong, j’aimerais rappeler qu’il s’agit d’une plantation de palmeraie. Et dans notre plan de développement, c’est un plan programmatique ça veut dire que Camvert envisage mettre progressivement en place sa plantation. La première année c’est 1500 hectares, la deuxième année c’est 3500 hectares et à partir de la troisième année ce sera 5000 hectares. Il y aura une évaluation chaque année pour s’assurer que Camvert a effectivement fait ce qu’il a dit de faire, il  a respecté ses engagements que ça soit environnementaux et sociétales avant de procéder à l’autorisation de réaliser la plantation de la 2e année » confie Le promoteur de Camvert, Bobo Mamadou.

Au Cameroun, la production nationale d’huile de palme est de l’ordre de 290 000 tonnes, pour une demande qui se situe autour de 325 000 tonnes. Soit un déficit structurel autour de 130 000 tonnes. De même, le pays exporte de l’huile raffinée et du savon, une tendance que compte inverser Camvert. Rainforest Alliance, une ONG américaine qui a pour objectif de préserver la biodiversité et la durabilité, recommande de mettre fin au déficit structurel du Cameroun et d’autres pays africains, tout en conservant le potentiel productif. Ceci en évitant les dysfonctionnements au niveau du climat, les problèmes sociaux, d’exploitation des enfants, les problèmes fonciers dans la communauté.

André Noir

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