(BFI) – C’est tout l’enjeu de l’audience accordée ce 3 août 2026 par le Ministre des Finances, Louis Paul MOTAZE, à Abdel Rahmane DIOP, Chef de Mission de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), venu à la tête d’une importante délégation. Au centre des échanges, il s’agissait d’examiner comment la mobilité humaine, l’engagement de la diaspora et les investissements productifs peuvent contribuer plus efficacement aux objectifs de développement du pays.
Selon les informations publiées conjointement par le ministère des Finances et l’OIM Cameroun, les échanges ont porté sur l’alignement des initiatives liées à la migration avec la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) du Cameroun. Les deux parties ont souligné la nécessité de politiques publiques coordonnées, capables de soutenir la réintégration socio-économique des Camerounais de retour au pays, tout en maximisant la contribution de la migration à la croissance nationale.
Les ressources de la diaspora au cœur des discussions
La contribution économique de la diaspora camerounaise a été un point essentiel soulevé lors des discussions. Selon l’OIM Cameroun, les transferts de fonds effectués par les Camerounais résidant à l’étranger sont estimés à près de 652 milliards de Fcfa, soit environ 1,2 milliard de dollars américains par an. Ces flux, a indiqué l’OIM, continuent de soutenir les ménages à travers le pays et constituent une source importante de ressources financières extérieures.
La réunion a également examiné les possibilités d’orienter une part plus importante de ces ressources vers des investissements productifs, l’entrepreneuriat et des projets de développement local. L’OIM a noté que les politiques relatives aux migrations peuvent contribuer à renforcer les liens entre les capitaux de la diaspora, la création d’entreprises et la création d’emplois.
Selon les données de la Banque mondiale, les transferts de fonds vers les économies en développement demeurent l’une des principales sources de financement extérieur, dépassant les investissements directs étrangers et l’aide publique au développement dans de nombreux pays.
La réunion de Yaoundé a également mis en lumière l’expérience de l’OIM en matière d’appui aux gouvernements par le biais de programmes favorisant l’engagement de la diaspora, la mobilité de la main-d’œuvre, l’inclusion des jeunes, les services numériques pour les migrants et la résilience climatique. Le ministère des Finances a indiqué que les politiques migratoires devraient contribuer à l’inclusion économique et à une croissance durable. L’institution a également souligné l’importance d’accompagner les migrants de retour par des mesures facilitant leur réintégration dans l’activité économique.
D’après les informations publiées par le ministère des Finances, près de 10 000 Camerounais ont bénéficié de programmes de retour et de réintégration au cours des quatre dernières années. Ces initiatives ont contribué à la création de plus de 4 900 entreprises en partenariat avec des institutions nationales.
Ces discussions interviennent quelques mois après la première édition du Dialogue permanent africain, qui s’est tenue à Yaoundé en avril 2026. Lors de cette réunion, des décideurs politiques, des investisseurs et des organisations internationales ont appelé à intégrer la migration dans une planification économique plus large. Les participants ont souligné que la mobilité de la main-d’œuvre, le développement des compétences et les systèmes d’investissement devaient être considérés comme des composantes de l’infrastructure économique, capables de soutenir les ambitions démographiques et de développement de l’Afrique.
À l’issue de la réunion du 3 août, le ministère des Finances et l’OIM ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les consultations techniques visant à identifier des mécanismes de collaboration compatibles avec les objectifs du SND30 et les engagements du Cameroun en matière de développement durable.
Selon l’OIM Cameroun, l’objectif demeure de transformer la mobilité humaine en une source de résilience, d’opportunités économiques et de prospérité partagée, grâce à des politiques fondées sur les données et à des partenariats institutionnels renforcés.
Omer Kamga



