(BFI) – La production de coton dans la zone CFA a diminué pour la deuxième saison consécutive en 2025/2026, en raison de précipitations irrégulières et des dégâts causés par les ravageurs qui ont pesé sur les récoltes dans plusieurs grands pays producteurs et modifié le classement régional.
La production de coton-graine dans les principaux pays producteurs a totalisé près de 1,98 million de tonnes, soit une baisse de 14,2 % par rapport aux 2,31 millions de tonnes de la saison précédente, selon les données sectorielles compilées par le Programme régional pour la production intégrée de coton en Afrique (PR-PICA) et publiées dans son dernier bulletin de juillet 2026. Ce recul fait suite à une nouvelle contraction en 2024/2025 et abaisse la production régionale encore davantage par rapport aux près de 2,6 millions de tonnes récoltées en 2023/2024.
Le PR-PICA attribue ce repli principalement aux conditions météorologiques irrégulières qui ont affecté la plupart des pays producteurs, ainsi qu’aux difficultés rencontrées pour lutter contre les cicadelles, un important ravageur du coton, sur certains marchés. « L’irrégularité des précipitations est la principale cause de ce recul de la production. Au Mali, l’impact négatif des cicadelles sur la production a également été constaté », a indiqué l’organisation.
Ce recul a toutefois varié considérablement d’un pays à l’autre. Les gains de production dans certaines régions n’ont pas suffi à compenser les pertes enregistrées par plusieurs des plus grands producteurs de la région. Le Mali a enregistré la plus forte contraction, avec une production en baisse de 39,5 % à 397 540 tonnes en 2025/2026. Cette chute a coûté au pays sa place de premier producteur de la zone CFA, le Bénin occupant désormais la première place avec une récolte de 533 590 tonnes. L’industrie cotonnière béninoise a également enregistré un recul, avec une production en baisse de 16,3 % par rapport à l’année précédente. La Côte d’Ivoire et le Cameroun ont suivi la tendance générale à la baisse. Leurs récoltes ont diminué respectivement de 0,4 % et 11,9 %, pour atteindre 310 407 tonnes et 250 722 tonnes.
Le Burkina Faso fait exception à la tendance régionale
Parmi les principaux pays producteurs, le Burkina Faso est la seule exception. Sa récolte de coton a progressé modestement de 7 % pour atteindre 313 042 tonnes, lui permettant de dépasser le Cameroun et la Côte d’Ivoire et de devenir le troisième producteur de la région, derrière le Bénin et le Mali. Les plus fortes hausses de production ont été enregistrées par des pays qui représentent encore des parts relativement faibles de la production régionale. Le Sénégal a affiché la plus forte augmentation, avec une récolte bondissante de 62,2 % à 25 166 tonnes. Le Tchad et le Togo ont chacun enregistré une croissance de 30,3 %, atteignant respectivement 75 268 tonnes et 78 706 tonnes.
Ces résultats mettent également en évidence d’importants écarts de productivité dans la région. Le Cameroun a enregistré le rendement le plus élevé à 1 268 kilogrammes par hectare, suivi du Sénégal à 1 235 kg/ha et de la Côte d’Ivoire à 1 069 kg/ha. Le Tchad et le Mali ont affiché les rendements les plus faibles, à 545 kg/ha et 745 kg/ha respectivement.
Quelles perspectives pour 2026/2027 ?
La nouvelle campagne cotonnière a déjà commencé dans la zone CFA, les premiers semis ayant été signalés en mai. Les producteurs abordent cette saison avec des coûts toujours sous pression, notamment en raison de la hausse des prix des engrais sur le marché international.
Dans ses Perspectives des marchés des matières premières, publiées en avril, la Banque mondiale prévoyait une hausse de plus de 30 % des prix mondiaux des engrais en 2026, due aux perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, un corridor stratégique qui assure près d’un tiers du commerce mondial d’engrais par voie maritime. La Banque indiquait que l’urée, l’engrais azoté le plus utilisé au monde, pourrait coûter près de 60 % de plus cette année qu’en 2025. « Nous sommes néanmoins satisfaits de constater que les gouvernements ont déployé des efforts pour apporter leur soutien dans la plupart des pays, permettant ainsi l’approvisionnement en engrais et l’achat de semences de coton à des prix raisonnables », a déclaré Tete Awokou, président de PR-PICA, se montrant confiant quant à la campagne en cours.
Après deux saisons consécutives de baisse de la production, une reprise en 2026/2027 est particulièrement importante car le coton, dont les prix sont volatils sur les marchés internationaux, est la principale source de recettes d’exportation agricole pour des pays comme le Bénin, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad.
Placide Onguéné



