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En Côte d’Ivoire, Olam Agri se renforce dans l’hévéa avec une nouvelle acquisition

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En Côte d’Ivoire, les principaux opérateurs de la filière hévéa continuent de renforcer leurs positions sur différents maillons de la chaîne de valeur. Le 17 août dernier, le singapourien Olam Agri a finalisé l’acquisition d’Asia Africa Rubber Industry (ASAF), entreprise industrielle ivoirienne spécialisée dans la transformation du caoutchouc naturel. Cette annonce fait écho à une autre opération de consolidation menée par la Société africaine de plantations d’hévéas (SAPH) en janvier dernier, qui avait alors racheté des actifs en amont de la chaîne de valeur.

Bien que ces deux opérations portent sur différents maillons de la chaîne de valeur, elles traduisent une volonté de ses deux opérateurs de renforcer leurs positions dans la filière en misant sur l’acquisition d’actifs déjà opérationnels plutôt que sur la création de nouvelles infrastructures.

Olam Agri se renforce sur le segment de la transformation

L’acquisition de l’ASAF permet à Olam Agri de quasiment doubler les capacités industrielles de transformation de caoutchouc naturel dont il dispose en Côte d’Ivoire. En effet, ASAF exploite une capacité annuelle de transformation de 176 000 tonnes de caoutchouc à travers son usine située à Azaguié Aoua, dans le département d’Agboville.

Fort d’une présence dans la filière ivoirienne depuis 2016, Olam Agri exploitait déjà avant cette opération deux usines de transformation à Aniassué et Dibobli, chacune disposant d’une capacité annuelle de 88 000 tonnes. Le groupe dispose donc désormais, sur la base des capacités communiquées, d’un potentiel de transformation d’environ 352 000 tonnes par an en Côte d’Ivoire.

SAPH renforce sa base de production de matière première

Quelques mois plus tôt, la Société africaine de plantations d’hévéas (SAPH) avait de son côté annoncé en janvier 2026, le rachat des parts sociales de la Société civile agricole du Sud-Ouest (SCASO), avec laquelle elle entretenait déjà un partenariat commercial depuis près de 15 ans. Cette opération porte sur une concession de 2 871 hectares, dont près de 1 500 hectares plantés en hévéas, située à proximité du site de SAPH à Rapides Grah. La société entend notamment renouveler le verger hévéicole, diversifier une partie des parcelles avec du palmier à huile et faire du site un pôle d’accueil pour les planteurs privés de la région.

Plus largement, cette initiative peut contribuer à augmenter l’approvisionnement en latex et la production de caoutchouc naturel de la SAPH qui figure aussi parmi les principaux opérateurs ivoiriens de la première transformation. En 2023, l’entreprise revendiquait par exemple une production de 259 820 tonnes de caoutchouc naturel usiné à travers l’exploitation de 6 unités agricoles intégrées ainsi que la place de premier fournisseur ivoirien de la matière première.

Une filière qui veut réorienter ses investissements dans la transformation

Globalement, les démarches de la SAPH et d’Olam Agri visant à renforcer leurs positions dans la chaîne de valeur à travers l’acquisition d’actifs déjà opérationnels, prennent un relief particulier dans une filière où les autorités affichent depuis l’année dernière leur ambition d’accélérer sur la deuxième transformation.

Après plusieurs années d’investissement dans l’expansion des capacités de la première transformation, qui consiste à convertir le latex brut collecté dans les plantations d’hévéa en caoutchouc naturel solide, le pays fait face à une saturation sur ce segment d’activité industrielle.

C’est face à ce constat que le Conseil Hévéa‑Palmier à Huile‑Coco (CHPHC) a décidé, en juin 2025, de ne plus accorder de nouvelles autorisations pour l’installation ou l’extension d’usines de première transformation, estimant que les capacités existantes étaient désormais suffisantes pour absorber la production nationale. Cette orientation traduit un changement de priorité pour la filière. L’enjeu n’est plus seulement d’augmenter les volumes produits et exportés, mais de développer des activités générant davantage de valeur ajoutée, notamment la deuxième transformation du caoutchouc naturel, avec la fabrication de pneus, de produits techniques ou encore d’autres applications industrielles.

Reste toutefois à savoir si la dynamique de consolidation des actifs illustrée par les derniers investissements de la SAPH et d’Olam Agri pourra accompagner la réorientation souhaitée par les autorités.

Antoine Mboussi

Rédaction
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