(BFI) – Le groupe français Egis, acteur majeur du conseil, de l’ingénierie et de l’exploitation des infrastructures en Afrique depuis 75 ans, engage une nouvelle phase de sa stratégie continentale. L’entreprise, présente au Maroc a annoncé le transfert de six de ses filiales africaines vers une nouvelle entité indépendante baptisé Infras dans le cadre d’un rachat interne conduit par leur équipe de direction. Cette opération s’inscrit dans une feuille de route visant à recentrer Egis sur les grands projets d’ingénierie, de concession et d’exploitation, tout en renforçant sa présence sur le continent.
Les filiales concernées sont celle du Cameroun, Madagascar, Sénégal, Kenya, Côte d’Ivoire et Rwanda. Elles sont désormais regroupées sous la bannière du groupe Infras, dirigé par Arnaud de Rugy, ancien directeur général d’Egis en Afrique, accompagné de Françis Ramiaramanana et des directeurs pays concernés. Selon Egis, cette transition se fera sans rupture pour les clients et partenaires, et sans impact sur les effectifs, l’ensemble des postes étant maintenus. La transaction porte uniquement sur la structure et l’actionnariat.
Le nouveau groupe Infras a établi son siège à Casablanca et emploie plus de 500 collaborateurs répartis dans les six pays. Il se positionne comme un acteur panafricain de l’ingénierie des infrastructures, avec une ambition de capitaliser sur les compétences locales et de contribuer au développement de projets structurants sur le continent. « Noous avons l’ambition de faire d’Infras une référence majeure de l’ingénierie africaine » a déclaré Arnaud de Rugy, soulignant la volonté de valoriser les talents locaux et d’assurer une continuité opérationnelle avec ses clients historiques.
Un contexte sensible au Cameroun
Au Cameroun, la cession intervient dans un contexte marqué par le contentieux lié au projet d’automatisation de 14 péages routiers. Egis était engagé aux côtés du groupe Fayat au sein de Tollcam Partenariat, coentreprise chargée de la mise en œuvre du projet dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) signé en 2019.
Le 2 février 2024, l’État du Cameroun a suspendu unilatéralement ce contrat. Selon le rapport de certification des comptes de l’État pour l’exercice 2024 publié par la Chambre des comptes, Tollcam a saisi la Cour internationale d’arbitrage de Paris et réclame 30 milliards FCFA à l’État camerounais.
La création d’Infras ouvre donc une nouvelle phase pour les activités d’ingénierie d’infrastructure jusqu’ici portées par Egis au Cameroun. Reste à savoir si cette recomposition garantira la continuité des projets et préservera la dynamique d’investissement dans un secteur des infrastructures confronté à d’importants besoins de financement.
Omer Kamga




