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Doutes sur la viabilité de la bauxite de Minim Martap au Cameroun

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Publiée le mercredi 29 juillet par Canyon Resources, cette analyse s’accompagne d’une proposition de rachat d’A2MP, qui évoque la nécessité de nouveaux investissements dans l’actif. Minim Martap est un projet industriel de mine de bauxite, dont la première phase doit produire 1,2 million de tonnes par an, selon une étude de faisabilité publiée en septembre 2025. La capacité devrait ensuite être progressivement portée à 10 millions t annuelles à partir de la sixième année d’exploitation.

Initialement prévue pour début 2026, la mise en service du projet devait ouvrir la voie aux premières cargaisons dès la mi-2026. Cette échéance a depuis été repoussée au troisième trimestre de cette année, tandis que les conclusions attribuées à A2MP Investments viennent ajouter une couche d’incertitude à cette trajectoire.

Concrètement, la note remet en cause les hypothèses retenues dans l’étude de faisabilité, estimant que « l’évolution du marché a un impact significatif » sur les paramètres économiques et sur la viabilité potentielle du projet. Elle juge notamment que la prime moyenne d’environ 11 $ par tonne retenue pour la bauxite de Minim Martap ne reflète plus les conditions actuelles du marché, et devrait être ramenée à environ 5 $ par tonne. Les coûts logistiques, les prélèvements fiscaux, ainsi que d’autres charges d’exploitation sont également cités parmi les facteurs susceptibles d’affecter la rentabilité du projet.

Pour l’heure, les hypothèses sur lesquelles repose cette analyse n’ont pas été détaillées, et aucune étude indépendante ne vient encore les corroborer. Dans l’intervalle, A2MP souhaite reprendre le contrôle total de Minim Martap en rachetant la part du capital de Canyon Resources qu’elle ne détient pas encore. L’actionnaire majoritaire, qui possède déjà 55,56 % des actions de la compagnie, propose 0,05 dollar australien par titre, payable en numéraire. L’action Canyon Resources s’échangeait à 0,060 dollar australien dans la matinée du mercredi 29 juillet, en repli de 31 % sur la séance.

À travers cette offre, A2MP indique vouloir permettre aux actionnaires minoritaires de sortir des risques liés au financement, au développement et au marché, qui pèsent sur la mise en œuvre de Minim Martap. L’idée sous-jacente est qu’A2MP assumerait directement les charges financières que le projet nécessitera encore, car Canyon Resources ne pourrait pas, selon elle, les assumer dans sa structure actuelle.

Quid de la suite ?

La suite à donner aux conclusions d’A2MP demeure, pour l’heure, incertaine, d’autant qu’elles s’inscrivent dans le cadre d’une offre de rachat visant Canyon. Ce développement intervient quelques mois seulement après l’échec d’un placement de 100 millions de dollars australiens porté par A2MP, rejeté lors d’une Assemblée générale des actionnaires. À l’époque, Canyon assurait que cet épisode ne remettait pas en cause le développement de la première phase de Minim Martap, soulignant notamment l’appui d’une facilité de crédit de 140 millions USD accordée par AFG Bank Cameroon.

À ce stade, l’évolution du projet reste à suivre, notamment quant au respect de son calendrier. La lecture défendue par A2MP s’inscrit par ailleurs dans un contexte de repli des prix constaté ces derniers mois sur le marché de la bauxite, et attribué à une offre jugée excédentaire. Premier producteur mondial de ce minerai essentiel à la chaîne de valeur de l’aluminium, la Guinée a fait état de son intention de limiter ses exportations pour soutenir les prix.

La hausse des coûts du fret constitue un autre point de friction. Fastmarkets indiquait en avril dernier que les tarifs entre l’Afrique de l’Ouest et la Chine, principal importateur, avaient augmenté d’environ 8 $ la tonne. Les prochaines semaines devraient ainsi être déterminantes, en particulier pour mesurer l’accueil que réserveront les actionnaires minoritaires aux conclusions d’A2MP et à son offre de rachat. Celle-ci prévoit un seuil minimal d’acceptation de 75 % pour entrer en vigueur.

Si sa participation atteint 90 %, le groupe pourra procéder au rachat forcé des actions restantes, et demander la radiation de Canyon Resources de la Bourse australienne (ASX). Pour le Cameroun, où Minim Martap est présenté comme un levier de croissance d’un secteur minier qui ne pèse encore qu’environ 1 % du PIB, ces développements resteront également déterminants. L’État camerounais bénéficie d’une participation gratuite de 10 % dans le capital du projet.

Rédaction
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