(BFI) – Plus de dix ans après les premières annonces du gouvernement, le projet du Bus Rapid Transfer de Douala (BRT) commence à prendre une forme plus concrète. Les autorités camerounaises ont lancé des concertations dans les quartiers concernés par le Projet de Mobilité Urbaine de Douala (PMUD). Cette descente a été ponctué d’annonces importantes, notamment celle relative au lancement des premiers travaux et de la structuration des modèles économiques du projet, tous deux annoncés pour la fin de l’année 2026.
Selon les informations communiquées lors de ces consultations, l’acquisition des véhicules qui circuleront sur le futur réseau de transport rapide reposera en partie sur un Partenariat Public-Privé (PPP) destiné à financer l’acquisition et l’exploitation de la flotte de bus. Cette composante est estimée à 100 millions de dollars, soit environ 57 milliards de Fcfa.
Concrètement, le partenariat public privé relatif à la flotte en est encore au stade des études de faisabilité et de rentabilité. Les modalités définitives devront être soumises au Conseil d’Appui à la réalisation des contrats de partenariat (CARPA), chargé d’accompagner l’Etat dans la structuration des contrats de partenariat public-privé. La conclusion de ces travaux sont attendus avant la fin de l’année 2026.
Au-delà de cette composante, le projet de BRT représente un investissement global de 335,3 milliards de Fcfa. Selon les données présentées par le PMUD, la Banque mondiale devrait assurer la plus grande part, avec un financement de 261 milliards de Fcfa. Le Partenariat public-privé apportera, pour sa part, 62,1 milliards de Fcfa, tandis que la ville de Douala mobilisera environ 12,4 milliards de Fcfa.
Sur le plan opérationnel, la première phase des travaux prévoit l’aménagement de 12 kilomètres de voie de rabattement pour un coût estimé à près de 4 milliards de Fcfa. A terme, le réseau secondaire devra s’étendre sur de 80 Km afin de relier les différents quartiers aux principales lignes du BRT. Le futur système de transport comprendra 4 lignes totalisant 28 km et desservies par 48 stations, soit une station tous les 500 mètres en moyenne. Cinq gares multimodales sont également programmées : l’ancienne direction des douanes, Ndokoti, PK14, Nelson Mandela et Yassa.
Le projet relancé après une décennie d’immobilisme
L’idée du système de transport rapide par bus dans les grandes villes camerounaises remontent à plus d’une décennie. En 2015, le ministère des Finances annonçait déjà l’introduction du Bus Rapid Transfer à Yaoundé et à Douala à la faveur d’un mémorandum d’entente signé avec le gouvernement camerounais et le constructeur brésilien Marcopolo.
Le projet prévoyait alors une ligne pilote à Yaoundé, reliant Olembè au carrefour Tradex Ahala sur près de 21 km. A Douala, un corridor de 17 km devait relier le carrefour des douanes à PK17. Malgré ces annonces, le programme n’a jamais dépassé le stade des études préparatoires.




