Défis de la sécurisation des plateformes digitales au Cameroun

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(BFI) – Des cas d’abus observés sur la plateforme ebulletin et décriés par le ministre des Finances remettent au goût du jour la nécessité d’une meilleure sécurisation de ces espaces.

Dans un communiqué que vient de publier le ministre des Finances, il porté à la connaissance de l’opinion publique que « des personnes sans foi ni loi, se servent de la plateforme de bulletin de solde en ligne (ebulletin) pour commettre des actes de corruption et d’arnaques auprès des usagers », écrit-il. Louis Paul Motaze ajoute que « dans la même optique de plomber les réformes engagées pour faciliter le travail aux usagers, plusieurs administrateurs qui ont été désignés pour assister les utilisateurs de cette plateforme s’en servent comme des guichets de commerce ». Et de marteler que « la consultation ou encore l’édition du bulletin de solde ou de l’attestation d’immatriculation en ligne à travers le site internet https://ebulletin.minfi.cm reste et demeure gratuite ».

En effet, des sources rencontrées au sein de ce département ministériel, expliquent qu’il a été constaté que certains cadres du Minfi, bénéficiant des codes d’accès à la plateforme ebulletin et mobilisés pour assister les usagers dans l’obtention des bulletins de soldes, faisaient payer indument ce service.

A titre d’illustration, expliquent ces sources, certains cadres du Minfi, de mèche avec des collaborateurs dans les régions et départements, y ont installé des sortes de comptoirs, pour extorquer de l’argent à d’autres agents publics. Concrètement, le mode opératoire consiste à contacter les collègues des régions, leur demandant de collecter les matricules de ceux qui désirent avoir leurs bulletins de solde, moyennant des sommes allant de 2000 Fcfa à 3000 Fcfa, détaillent nos sources.

Au-delà de ce circuit, d’autres personnels du ministère, usant toujours de leurs codes d’accès à la plateforme, continuent de se livrer à des pratiques d’escroquerie des usagers, en complicité avec les intermédiaires installés sur les alentours du Minfi et dont l’activité a été depuis longtemps interdite. L’autre technique utilisée par certains, consiste à se rapprocher des responsables en charge de cette question au Minfi, leur demandant de leur créer des comptes administrateurs, afin qu’ils puissent, eux-aussi, procéder à l’impression des bulletins de solde pour les demandeurs, évidement contre rémunération.

Ces pratiques posent au final le défi de la sécurisation des plateformes digitales pourtant mises en place pour faciliter la vie aux usagers mais surtout réduire la circulation du cash, et par là de la corruption. Les responsables des services informatiques des administrations rencontrés disent veiller jour et nuit à ce que les applications mises en place soient à l’abri de tout piratage.

« Nous allons retirer des droits d’accès » Porguy Koumpo, chef de division des systèmes d’information au ministère des Finances

Le ministre des Finances a récemment signé un communiqué portant sur la mise de certains administrateurs qui usent des droits d’accès à la plateforme pour arnaquer les usagers. Quelles mesures avez-vous prises pour sécuriser l’accès à cet espace ?

J’ai instruits mes collaborateurs de procéder à une analyse de l’activité de tous les administrateurs sur la plateforme. Quand ils auront rendu leurs copies, on pourra identifier parmi les différentes personnes ayant le profil d’administrateur, celles qui se livrent à des pratiques peu orthodoxes. Comme mesure conservatoire, nous allons procéder au retrait de ce droit d’administrateur à toutes ces personnes. Evidemment, le ministre des Finances pourra, le moment venu, prendre d’autres sanctions à l’endroit de ces agents.

En dehors du retrait du droit d’administrateur, quelle autre solution envisagez-vous ?

Il faut dire que lors de nos différentes rencontres et missions, nous rappelons chaque fois aux administrateurs de cette plateforme qu’ils ont l’obligation de demeurer intègre en évitant de se livrer à certaines pratiques. Nous allons intensifier la sensibilisation à l’endroit de ces derniers.

Grâce aux statistiques que nous allons bientôt obtenir sur les activités de ces personnes sur cette plateforme, nous allons monter d’un cran en supprimant leurs comptes. Par ailleurs, nous comptons sensibiliser également les administrations sur le choix des personnes désignées pour jouer ce rôle. Parce que malheureusement, certains ne brillent pas toujours par leur rectitude morale. Ce que nous déplorons d’ailleurs.

Que comptez-vous faire pour éviter que le phénomène ne se généralise aux autres plateformes mises en place dans le cadre de la dématérialisation des procédures ?

Il convient de souligner que certains problèmes naissent du fait que des usagers éprouvent souvent des difficultés à obtenir leurs documents en ligne. Du coup, ils se confient à d’autres personnes, tout en leur confiant leurs données personnelles. Ils doivent demeurer vigilants. Nous leur disons d’ailleurs, que quel que soit ce qu’ils ont à faire sur les plateformes du ministère des Finances, ils doivent le faire eux-mêmes.

Ceci permet d’éviter que leurs données personnelles ne soient utilisées pour contribuer à mettre à mal la sécurité de ces supports. A ceux qui sont dans l’arrière-pays, nous leur demandons de se diriger vers les services régionaux des Finances, notamment la Trésorerie générale, certains centres divisionnaires des Impôts, ils auront la possibilité de pouvoir se faire imprimer gratuitement ces bulletins de solde ou tout autre service offert gratuitement par le ministère des Finances.

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