Chaque année, 50% des recettes des péages routiers sont détournées au Cameroun, soit 100 milliards de FCFA en 25 ans

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Péage routier
Le visage actuel du péage routier camerounais

(BFI) – A l’occasion de la pose de la première pierre du projet de construction des 14 premiers postes de péage automatique du Cameroun ce 10 décembre à Mbankomo, une banlieue de Yaoundé, le ministère des Travaux publics (Mintp) a saisi l’occasion pour exposer le problème principal des anciens postes de péages du pays au cours des deux dernières décennies.

« Au total, près de 100 milliards de FCFA ont été collectés depuis 1995. Malgré la tendance à la hausse d’une année budgétaire à l’autre depuis son instauration, le péage routier n’a pas encore atteint son seuil potentiel. Un taux de fraude très élevé et une gestion contestable justifient ce sentiment », révèle le Mintp. La même source se veut plus précise : « À l’instar de la vétusté des locaux qui abritent les postes de péage, la fraude extrême due au contact des péagistes avec les recettes affiche un taux moyen annuel de 50%. » Le pays aurait ainsi perdu près de 100 milliards de FCFA sur les 200 milliards qu’il aurait dû collecter en 25 ans.

À en croire le ministère, ces détournements sont le résultat de trois décennies de carence, pendant lesquelles les autorités ne sont pas parvenues à maîtriser les recettes pourtant croissantes du péage routier au Cameroun. Et cela en raison notamment du faible niveau d’investissement public (aggravé par la crise économique débutée dans les années 1980 et par les mesures d’austérité imposées par le programme d’ajustement structurel), un déficit marqué des ressources humaines et l’effectivité limitée des grandes réformes structurelles et institutionnelles qui auraient dû être engagées.

À l’origine

Pourtant, indique le Mintp, l’institution des péages visait à résoudre un défi qui se posait dans les années 1990. En effet, à cause de la rareté de fonds de financement pour la construction et l’entretien du réseau routier, il a été institué, le 7 janvier 1993, le péage routier.

Seulement, la croissance urbaine ne s’est pas accompagnée d’un accroissement concomitant des services et des infrastructures de base. Le niveau d’équipement est quasiment le même que celui enregistré à la fin des années 1980 alors que l’activité de transport et la population ont plus que doublé depuis cette période. Les postes de péage ne sont certes pas engorgés, mais les recettes sont plutôt dissipées.

À cause de la non-atteinte des objectifs qui lui étaient assignés au départ, le gouvernement a mis en place le Programme de sécurisation des recettes routières (PSRR) en octobre 2005, avec pour objectif (comme son nom l’indique) de sécuriser les recettes issues de la route (Redevance à l’usage de la route, taxe à l’essieu, amendes routières et péage routier).

Actuellement, le PSRR fixe un taux appelé DPO (direction par objectif) à chaque poste de péage. Et cela en fonction du poids du poste dans les recettes des années précédentes et de l’accroissement du volume du parc automobile camerounais (il est supposé chaque année une augmentation du volume du parc automobile camerounais de 7% et un retrait de la circulation de 3% des véhicules). Il est fixé pour chaque poste un montant mensuel à atteindre. Si ce montant est dépassé, la prochaine DPO du poste sera diminuée du surplus et s’il n’est pas atteint, il sera augmenté dans la prochaine DPO la somme restante.

Seulement, observe le Mintp, « Cette méthode rudimentaire étant trop approximative et ne prenant pas en compte certains paramètres importants qui influencent les recettes des péages ».

Investir au Cameroun

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