(BFI) – La Cameroon Telecommunications (CAMTEL) et la Cameroon Electricity Corporation (SOCADEL) ont convenu d’explorer le partage d’infrastructures afin de réduire les coûts de déploiement de leurs réseaux, d’étendre la connectivité par fibre optique et d’améliorer les opérations liées à l’électricité. Les deux entreprises publiques ont signé un protocole d’accord à Yaoundé, le vendredi 16 octobre, pour examiner les modalités d’un éventuel partage de leurs infrastructures existantes.
L’accord prévoit la réalisation d’études techniques, juridiques et économiques visant à évaluer la faisabilité du partage des infrastructures de télécommunications et d’électricité. Les conclusions de ces travaux serviront de base à un accord-cadre qui définira le périmètre, les conditions et les modalités de mise en œuvre.
Selon les informations communiquées par CAMTEL, cette initiative vise à optimiser les investissements déjà réalisés, à éviter la duplication des infrastructures et à améliorer la prestation de services, sans que chaque entreprise n’ait besoin de développer, de manière autonome, l’ensemble des installations dont elle a besoin.
Dans le cadre de ce dispositif, CAMTEL apporterait son réseau dorsal national en fibre optique, ses capacités de connectivité nationale et internationale, ainsi que son expertise en matière de déploiement de réseaux de télécommunications. La SOCADEL, quant à elle, offrirait un accès à ses infrastructures électriques — notamment les poteaux, les emprises et les installations — susceptibles d’accueillir des équipements en fibre optique. Cet accès permettrait à CAMTEL d’étendre son réseau de fibre optique et de mettre en place des voies de transmission alternatives, renforçant ainsi la connectivité et limitant les interruptions de service.
De son côté, la SOCADEL pourrait s’appuyer sur les infrastructures de télécommunications de CAMTEL pour optimiser les communications entre ses agences, ses centres opérationnels et d’autres sites stratégiques, dans le cadre de la modernisation de ses services électriques. Les deux entreprises prévoient également de coordonner leurs futurs déploiements afin d’éviter toute redondance des installations, en particulier dans les zones urbaines où les infrastructures électriques et de télécommunications empruntent souvent les mêmes couloirs.
Investissement dans les infrastructures et réduction des coûts
Cette coopération intervient alors que CAMTEL poursuit ses investissements dans l’extension et la modernisation de ses infrastructures de télécommunications. Selon des données de CAMTEL, l’entreprise exploite un réseau national en fibre optique s’étendant sur près de 12 000 kilomètres. L’entreprise a par ailleurs indiqué avoir investi plus de 145 milliards de Fcfa dans la modernisation et l’extension de ses infrastructures de télécommunications depuis 2021. Son chiffre d’affaires a dépassé 235 milliards de Fcfa en 2025, contre 217 milliards en 2024, tandis que son bénéfice net a atteint plus de 13 milliards de Fcfa. Cette initiative de partage d’infrastructures s’inscrit également dans une démarche visant à améliorer la fiabilité du réseau de télécommunications du Cameroun.
En mai 2025, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) a lancé un nouvel audit du réseau national de fibre optique, faisant suite à des plaintes récurrentes concernant des interruptions de service. Cet audit, dont le coût est estimé à 350 millions de francs CFA, visait à évaluer la performance et l’intégrité du réseau, ainsi que les questions liées à la gestion et au partage des infrastructures.
Le partenariat proposé par SOCADEL s’inscrit dans le cadre des efforts de modernisation de ses activités, suite à sa création en tant qu’entreprise publique d’électricité en mai 2026, en remplacement d’Eneo Cameroon. L’entreprise travaille également à la restructuration de ses finances. Le 31 août, elle a mandaté trois banques locales pour organiser un montage financier de 200 milliards de Fcfa, destiné à refinancer sa dette et à répondre à ses besoins en liquidités.
Évoquant ce partenariat, le directeur général de SOCADEL, Oumarou Hamandjoda, a précisé que les deux entreprises prévoient de faire suivre ce protocole d’accord d’un accord-cadre, avant d’entamer la mise en œuvre sur des sites pilotes sélectionnés. La directrice générale de CAMTEL, Judith Yah Sunday Achidi, a souligné que cette coopération pourrait permettre de réduire les coûts de déploiement et d’offrir davantage d’opportunités pour étendre le réseau.
Les entreprises doivent au préalable réaliser des études de faisabilité portant sur les exigences techniques, les conditions économiques, la conformité réglementaire, la sécurité des infrastructures ainsi que la protection des droits de chaque institution.
Omer Kamga




