(BFI) – Le Cameroun a commercialisé 247 914 tonnes de cacao durant la campagne 2025/2026, soit une baisse de 61 603 tonnes par rapport à la campagne précédente, selon les chiffres de l’Office national du cacao et du café (ONCC). Ce recul ne se limite pas à la production commercialisée : les exportations de cacao ont chuté de 34,65 %, tandis que les volumes transformés localement ont diminué de 14 442 tonnes.
Ces chiffres ont été présentés le 5 août à Yaoundé, lors du Forum sur la rémunération des producteurs de cacao, organisé en amont du lancement officiel de la campagne cacaoyère 2026/2027. Akamba Ava Michèle, directrice des statistiques, du suivi et de la commercialisation de l’ONCC, a présenté le bilan de la campagne, portant sur la production, les exportations et la transformation industrielle.
Le Cameroun a exporté 125 469 tonnes de cacao durant la campagne, contre 192 012 tonnes en 2024/2025. L’Europe est restée le principal marché d’exportation du pays, absorbant 84,62 % des expéditions totales. Au Cameroun, la région du Centre a conservé sa position de première zone de commercialisation du cacao, représentant 44,54 % des achats enregistrés durant la campagne. La transformation locale a également diminué, passant de 110 388 tonnes lors de la campagne précédente à 95 946 tonnes en 2025/2026. Ces résultats décevants ont alimenté les discussions sur la répartition des revenus cacaoyers entre les producteurs, les exportateurs, les transformateurs et les autres acteurs de la filière. Le gouvernement s’inquiète de la rémunération des producteurs.
Organisé par le ministère du Commerce, le forum a réuni des représentants du gouvernement, des autorités de régulation, des exportateurs, des transformateurs et des représentants des producteurs. En ouvrant la réunion, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a averti que l’écart de rémunération entre les producteurs de cacao et les autres acteurs de la filière était devenu excessif. « Force est de constater que les écarts de rémunération entre les producteurs et les autres acteurs de la chaîne de valeur demeurent trop importants, au point de menacer l’existence même du secteur », a-t-il déclaré. Le ministre a plaidé pour que les producteurs soient placés au cœur des négociations sur le partage des revenus, tout en excluant l’imposition d’une solution gouvernementale prédéterminée. « Il s’agit d’accepter de s’asseoir autour d’une table, de confronter nos différents points de vue et de trouver un terrain d’entente qui préserve les intérêts légitimes de chaque partie », a affirmé M. Mbarga Atangana.
Ses propos ont présenté le forum comme une tentative de parvenir à un compromis entre les acteurs dont les intérêts divergent selon les segments de la production, du commerce et de la transformation.
Capacité de transformation à l’étude
Les discussions ont également porté sur la capacité du Cameroun à transformer une plus grande partie de son cacao localement. Mbarga Atangana a estimé la capacité de transformation installée à environ 250 000 tonnes, un niveau globalement équivalent au volume commercialisé lors de la campagne 2025/2026. Il a également cité le Nigéria voisin, dont la capacité de transformation est estimée à environ 200 000 tonnes, comme source potentielle de demande régionale. Ces chiffres ont remis en lumière le rôle de la transformation locale dans la création de valeur ajoutée au Cameroun et la limitation de la vulnérabilité du secteur aux fluctuations du marché international.
Les participants ont également examiné les incitations fiscales et douanières accordées aux entreprises de transformation, en s’attachant particulièrement à déterminer si ces mesures ont généré une valeur suffisante pour l’économie nationale et amélioré les revenus des producteurs. Les discussions devraient aboutir à des propositions concernant la rémunération des producteurs, le partage des valeurs, la transformation locale et la compétitivité avant le lancement officiel de la campagne cacaoyère 2026/2027, le 6 août. Les conclusions contribueront à orienter l’approche du gouvernement pour cette nouvelle campagne et ses efforts plus larges visant à renforcer la filière cacaoyère camerounaise.
Omer Kamga



