(BFI) – La Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac) et le Fonds Monétaire International (FMI)) ont tenu le 8 septembre 2026 à Washington une réunion cruciale pour relancer les programmes économiques de la zone Cemac. Au cœur de cette entrevue entre le gouverneur de la banque centrale, Yvon Sana Bangui, et le directeur du Département Afrique du FMI, Zeine Zeidane, se trouvait l’évaluation des conditions permettant de valider la revue des assurances régionales.
Les enjeux clés de la rencontre portaient sur les assurances régionales. Ces garanties collectives, qui portent notamment sur le niveau des avoirs extérieurs nets et le rapatriement des devises, sont obligatoires pour débloquer ou poursuivre les financements du FMI dans les six États membres. Le Gouverneur de la BEAC a présenté les progrès accomplis par les États membres et les Institutions communautaires dans la mise en œuvre des prérequis à la reprise des discussions sur les assurances régionales, notamment le rétablissement de trajectoires budgétaires crédibles et soutenables, le renforcement des effectifs de la COBAC, l’élaboration d’une nouvelle loi bancaire et la révision du dispositif de surveillance multilatérale. Il a notamment rappelé la dynamique impulsée par les Chefs d’État de la CEMAC en vue d’assurer un redressement durable du cadre macroéconomique sous régional et réaffirmé la détermination des États membres et des Institutions communautaires à finaliser les actions restantes.
Yvon Sana Bangui a également plaidé pour une approche pragmatique des assurances régionales, mieux adaptée aux réalités et spécificités des pays de la CEMAC. Cette démarche ne vise ni à remettre en cause les principes de bonne gouvernance, ni à relâcher la discipline macroéconomique, mais à mieux articuler les engagements régionaux avec les programmes conclus entre les États membres de la CEMAC et le FMI.
Sur la relance des programmes, les discussions ont porté directement sur la levée des blocages pour faciliter le déploiement de nouveaux partenariats macroéconomiques et structurels indispensables à la sous-région. Au cours des échanges, le Gouverneur de la BEAC a souligné la résilience de la CEMAC dans un contexte de fortes incertitudes. En effet, « la CEMAC affiche une croissance économique de 3 %. Le déficit budgétaire se situe à 2,7 % du PIB et les avoirs extérieurs nets de la BEAC croissent de 50,8 % à 4 523,1 milliards, en dépit de la persistance de certaines vulnérabilités. L’inflation reste maitrisée à 2,2 % soit à un niveau inférieur au seuil communautaire de 3 %. Les réserves de change se situent à un niveau confortable permettant de couvrir plus de 4 mois d’importations des biens et services. Le secteur bancaire, quant à lui, demeure solide. La stabilité monétaire et financière de la CEMAC est donc préservée et la Zone n’est pas exposée à un éventuel risque d’ajustement monétaire » a souligné Yvon Sana Bangui.
Pour sa part, le directeur du département Afrique du FMI a réaffirmé le soutien de l’institution financière internationale aux économies de la zone et aux réformes visant à contenir les vulnérabilités du secteur bancaire, à préserver la stabilité monétaire et financière et à renforcer la position extérieure.
Les prochaines missions des Services du FMI prévues pour octobre prochain dans la Cémac permettront d’évaluer les avancées enregistrées dans la finalisation des réformes convenues, dans la perspective d’une validation de la revue des assurances régionales en décembre 2026.
André Noir




