BGFIBank finance deux projets d’installation de centrales solaires au Cameroun

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BGFI

(BFI) – La filiale au Cameroun du groupe bancaire gabonais BGFI Bank vient de s’engager dans le financement de deux contrats d’installation de centrales solaires modulaires dans les villes de Maroua et de Guider, dans la partie septentrionale du pays. Ces centrales, d’une capacité totale de près de 30 MW, seront installées par la société de droit hollandais Scatec. De bonnes sources, cette entreprise avait exigé des garanties bancaires pour pouvoir enclencher ce projet, qui permettra à l’électricien Eneo de garantir un meilleur approvisionnement des trois régions septentrionales du Cameroun (Nord, Adamaoua et Extrême-Nord), en proie aux délestages.

« BGFI Bank Cameroun SA vient ainsi de procéder à l’émission de deux garanties sous forme de Stand-by Letter of Credit d’un montant cumulé de 11 597 500 USD, soit environ 7 000 000 000 FCFA. Après une participation remarquée de 23 milliards FCFA au financement du CAPEX (Capital Expenditure) d’Eneo en tout début d’année 2021, le groupe BGFI Bank confirme ainsi ses engagements vis-à-vis de l’État camerounais concernant la transformation structurelle du secteur de l’énergie et des mines au Cameroun », annonce la banque dans un communiqué officiel.

Autres obstacles

Selon des sources proches du dossier, la garantie offerte par BGFI Cameroun sur les centrales solaires modulaires de Maroua (14,52 MW) et Guider (15,78 MW) permettra à la société Scatec d’être payée à date pour l’énergie effectivement produite et injectée dans le réseau interconnecté Nord (RIN), indépendamment d’éventuelles tensions de trésorerie d’Eneo, qui cumulent déjà d’importants arriérés auprès de ses fournisseurs. En clair, en cas de difficulté financière d’Eneo au terme d’un mois donné, BGFI se chargera de payer la facture de Scatec. Ce mécanisme fonctionnera jusqu’au montant correspondant à la garantie (7 milliards de FCFA). Eneo remboursera alors plus tard la banque, avec des intérêts, dont le taux convenu par les parties n’a pas été révélé. Mais selon nos sources, ce taux est inférieur à 3%. 

Mais, en dépit du déblocage du volet financier du projet, ce dernier pourrait ne pas immédiatement démarrer (de manière à débiter les premiers mégawatts dès janvier 2022 comme prévu, NDLR), en raison d’autres obstacles dont Investir au Cameroun n’a pas pu confirmer la levée. Il s’agit notamment, selon nos sources, de l’avis de non-objection du régulateur du secteur de l’électricité, qui vaudra quitus pour le démarrage des travaux ; et de certaines facilités attendues du ministère des Finances par la société Scatec. À cela il faut ajouter le temps d’importation des équipements.

Projet hybride

Pour rappel, l’installation de centrales solaires et modulaires d’une capacité avoisinant 30 MW à Maroua et Guider fait partie d’un projet hybride finalement retenu par le gouvernement camerounais et l’électricien Eneo. Il intègre l’installation de 10 MW de thermique (à Guider) par la société britannique Aggreko. Ce qui permettra, à terme, d’injecter 40 MW dans le RIN, et non plus 30 MW comme il était initialement prévu.

« Cette solution technique avantageuse prend en compte l’évolution de la demande industrielle, notamment le projet de cimenterie en cours de construction dans la zone de Figuil, les projets d’extension et d’accroissement de la desserte pour les ménages, les contraintes des réseaux de transport et de distribution, la nécessité d’une gestion optimale du stockage d’eau à Lagdo en cette période de mauvaise hydrologie, et la nécessité d’une couverture des besoins en électricité lors de la Coupe d’Afrique des nations de football en janvier 2022 », explique une source autorisée.

À en croire les estimations du ministère de l’Eau et de l’Énergie, les 30 MW de solaires modulaires devront réduire les délestages dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua d’environ 98%. Cette proportion pourrait être revue à la hausse grâce aux 10 MW de thermique qu’intègre finalement le projet. En revanche, pour la même raison, les économies de 5 milliards de FCFA de combustibles projetées sur les neuf premiers mois d’exploitation desdites centrales solaires devraient être revues à la baisse.

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