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Au Forum de N’Djamena, le Cameroun présente son Pacte pour l’eau de près de 4 milliards de dollars

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Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a participé au forum en tant que représentant personnel du chef de l’État. S’adressant aux ministres africains, aux institutions de développement et aux partenaires financiers, il a indiqué que le Cameroun avait obtenu environ 30 % du financement nécessaire au programme et était en pourparlers pour mobiliser un montant supplémentaire équivalent à 30 % de son coût estimé. Il a appelé les partenaires au développement à contribuer au financement des investissements restants, selon les informations publiées par le ministère de l’Eau et de l’Énergie.

Cette présentation s’inscrivait dans le cadre de l’initiative « Water Forward » de la Banque mondiale, qui vise à mobiliser des financements pour des projets de sécurité hydrique à travers l’Afrique. Gaston Eloundou Essomba a souligné aux participants que l’eau demeurait une priorité nationale pour le Cameroun, malgré l’abondance de ses ressources. Le défi, a-t-il expliqué, réside en partie dans leur répartition inégale.

De nombreuses communautés n’ont toujours pas accès à une eau potable fiable, tandis que les pénuries et les infrastructures inadéquates limitent les activités qui dépendent d’un approvisionnement stable en eau. « Nous voulons faire de l’eau un moteur de croissance », a déclaré le ministre.

Les pénuries d’eau affectent l’agriculture, l’élevage et l’énergie

Le Pacte pour l’eau du Cameroun appréhende la sécurité hydrique à la fois comme un service public et un enjeu économique. Le gouvernement affirme que l’insuffisance des infrastructures limite la productivité dans l’agriculture, l’élevage, la production d’électricité et l’industrie. Dans certaines régions, les agriculteurs ne peuvent pas utiliser pleinement l’eau disponible pendant la saison des pluies en raison d’installations de stockage et d’irrigation insuffisantes. Cela contribue à de faibles rendements agricoles et rend la production vulnérable aux variations saisonnières des précipitations. Les conséquences sont également évidentes dans les zones sahéliennes du Cameroun, où la disponibilité limitée en eau pendant la saison sèche contribue à des pertes importantes de bétail. La production d’électricité est confrontée à des pressions similaires.

L’hydroélectricité représente près de 80 % du mix énergétique camerounais, ce qui rend le secteur particulièrement dépendant de débits d’eau stables. La baisse des débits dans certains barrages a réduit la capacité de production, affectant l’approvisionnement des ménages et des entreprises. Ces contraintes expliquent la décision du gouvernement d’intégrer la gestion de l’eau à sa stratégie globale de développement économique.

De meilleures infrastructures permettraient au pays de stocker davantage d’eau en période d’abondance et de la rendre disponible en période de sécheresse, tout en soutenant la production alimentaire et la production d’électricité.

Le Pacte pour l’eau combine réformes des infrastructures et de la gouvernance

Le gouvernement a élaboré et validé le Pacte pour l’eau, feuille de route nationale pour la sécurité hydrique. Ce cadre associe des priorités d’investissement à des réformes politiques et de gouvernance visant à améliorer les services d’eau et à renforcer la gestion à long terme de cette ressource. Eloundou Essomba a reconnu les faiblesses de la gouvernance du secteur public de l’eau. Il a indiqué que les réformes prévues viseraient à améliorer la prestation de services, l’efficacité institutionnelle et la performance globale du secteur.

Certains investissements bénéficient déjà du soutien de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement dans le cadre du Projet de sécurité hydrique du Cameroun, connu sous le nom de SEWASH. Ce projet prévoit la construction d’une centaine de petits systèmes d’approvisionnement en eau potable dans les régions sahéliennes. Elle soutient également les réformes de gouvernance visant à améliorer la gestion et la performance du secteur de l’eau.

Le Pacte pour l’eau devrait intégrer ces initiatives existantes et les projets futurs dans un cadre d’investissement national plus large. Seule une partie du financement nécessaire étant assurée, sa mise en œuvre dépendra de la capacité du gouvernement à attirer des financements publics, privés et mixtes supplémentaires.

Un élan continental plus large en matière de financement

La présentation du Cameroun intervient alors que les gouvernements africains et les institutions de développement cherchent à accélérer les investissements dans les infrastructures hydrauliques. Plus de 400 millions de personnes en Afrique n’ont toujours pas accès à l’eau potable, tandis que plus de 700 millions n’ont pas accès à des services d’assainissement de base, selon les chiffres de la Banque mondiale publiés avant le forum. L’institution a averti que la rareté de l’eau pourrait réduire la croissance économique jusqu’à 6 % dans certaines régions si les investissements et les politiques publiques ne s’accélèrent pas. Les effets pourraient être encore plus importants au Sahel, où les communautés et les activités économiques sont particulièrement exposées à des pénuries d’eau prolongées. La Banque mondiale considère les infrastructures hydrauliques comme un atout économique stratégique en raison de leur rôle dans la productivité agricole, la production d’électricité, la santé publique et la stabilité régionale.

Co-organisé par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale, le forum réunit des ministres, des représentants d’institutions de financement du développement, d’organisations de bassins fluviaux et du secteur privé. Il vise à mobiliser des financements publics, privés et mixtes, à faire progresser les accords nationaux sur l’eau et à mettre en relation des projets prêts à investir avec des partenaires financiers potentiels.

Rédaction
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