Au Cameroun, l’électricité devient une denrée rare

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(BFI) – Au Cameroun, la qualité du service public de l’électricité s’est dégradée ces dernières semaines avec des interruptions régulières, des variations de fréquence et des incendies récurrents des circuits électriques. Des solutions sont annoncées d’ici la fin de l’année.

La région du Nord a été particulièrement affectée par les difficultés de transport et de distribution du courant électrique. Deux incendies ont été enregistrés le mois dernier dans les deux principaux marchés de la ville de Garoua. Selon les témoins, un court-circuit causé par des coupures intempestives de l’énergie électrique a été à l’origine des flammes.

Plus d’une centaine de quartiers de Yaoundé et de Douala, ainsi que de nombreuses zones rurales, ont été aussi plongés dans le noir. « Dans mon quartier on a eu les coupures de courant trois fois par semaine, cela a impacté sur ma façon d’apprendre puisque je n’arrivais plus à réviser mes leçons, si je le faisais, c’était avec une bougie, une torche ou un téléphone« , affirme Nadine, une élève.

Au quartier Ekounou du côté de CFTA, un centre d’instruction de l’armée, « on est restés dans le noir pendant pratiquement 3 jours et vous savez que l’insécurité est presque partout au Cameroun, et dans un quartier comme le mien où il y a tellement de bandits, de braqueurs, ce n’est pas évident« , confie Leonnelle.

Charlotte, tenancière d’un restaurant au quartier Bastos, a connu les mêmes désagréments: « parfois les coupures reviennent à tout moment, tu entends tic-tac-tic-tac« .

Par mesure de prudence, après que son écran téléviseur a été endommagé suite à l’instabilité du courant électrique, elle dit « être en train de réfléchir pour acheter un autre régulateur de tension parce que quand tu as le repas dans le congélateur dès qu’on coupe le courant c’est comme si un câble se coupait dans ta tête« .

Cacharel est une jeune employée d’une boutique spécialisée dans le cosmétique. « Avec les téléphones constamment déchargés sans l’alarme dans le téléphone, on est obligé d’arriver en retard« , regrette-t-elle.

Des plaintes qui exacerbent le président de la Ligue camerounaise des consommateurs. « Le consommateur est pénalisé, il éprouve des difficultés sérieuses à pouvoir mener à bien ses activités, alors que dans le contrat qui lie l’opérateur Eneo aux consommateurs, il est prescrit la fourniture permanente de l’électricité, donc Eneo chaque fois qu’elle interrompt le courant viole le contrat« , souligne Delors Magellan Kamseu Kamgaing.

Eneo à la barre

Au Cameroun, c’est la société Eneo qui opère dans la distribution du courant électrique. Ses responsables expliquent que « certains équipements de transport et de distribution sont surchargés du fait de la forte croissance démographique, et les transformateurs sollicités au-delà de leur capacité de fonctionnement« .

Après que le gouvernement a tenu une réunion de crise sur la question, Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Energie, a au cours d’une communication gouvernementale précisé que des actions de court et moyen terme sont également en cours d’implémentation.

« Il s’agit notamment du remplacement de 53.000 poteaux bois défectueux par des supports en béton en 2021, l’acquisition en 2021 de 11 nouveaux transformateurs par la SONATREL pour le renforcement des postes sources de Yaoundé et Douala, du démarrage cette année toujours des travaux de construction de 230 km de lignes de distribution en souterrain pour améliorer la qualité de service dans les villes de Yaoundé et de Douala« , entre autres mesures.

D’après les experts, la finalisation des travaux de construction et la mise en service de la ligne du barrage de Memve’ele devraient ramener la sérénité dans la fourniture du courant électrique au Cameroun.

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