(BFI) – En 2025, le PIB réel par habitant du Cameroun n’a augmenté que de 0,6 %. D’après les récentes données de la Banque mondiale publiées dans son baromètre économique de la CEMAC, ce chiffre met en lumière les difficultés structurelles du pays à traduire sa croissance globale en une amélioration concrète du niveau de vie de sa population
La croissance économique du Cameroun s’est traduite par une hausse limitée du PIB réel par habitant en 2025. Selon les données de la Banque mondiale, cet indicateur n’a progressé que de 0,6 %, contre 4 % en Côte d’Ivoire. L’économie camerounaise a pourtant enregistré une croissance de 3,2 % sur l’année. Mais avec une population en augmentation de 2,6 %, le gain de production rapporté au nombre d’habitants est resté faible.
Cette évolution prolonge une difficulté ancienne. Dans son Baromètre économique de la CEMAC, volume 10, publié en septembre 2026, la Banque mondiale constate que le revenu par habitant du Cameroun reste, en 2025, inférieur d’environ 20 % à son niveau du milieu des années 1980, période marquée par le boom pétrolier.
Près de quatre décennies après cette période, le pays n’a donc pas retrouvé son niveau de revenu par habitant d’alors, selon l’institution. Celle-ci identifie plusieurs facteurs qui freinent le rattrapage : la faiblesse de la productivité, les insuffisances des infrastructures, les problèmes de gouvernance et les chocs économiques successifs. La création d’emplois demeure également inférieure à la progression de la population active.
La faiblesse de la croissance par habitant s’accompagne d’une persistance de la pauvreté. Selon les estimations de la Banque mondiale, le nombre de Camerounais vivant avec moins de 3 dollars par jour, en parité de pouvoir d’achat de 2021, est passé de 7,1 millions en 2021 à plus de 8,4 millions en 2025. Cela correspond à une augmentation de plus de 1,3 million de personnes en quatre ans.
L’institution situe le taux de pauvreté à un peu plus de 28 % en 2025, sans amélioration significative par rapport à l’année précédente. Elle relève que la faible création d’emplois, l’inflation et les chocs récurrents limitent les progrès dans la réduction de la pauvreté. L’indice de capital humain, évalué à 0,4, demeure également inférieur à celui des pays comparables.
Les finances publiques constituent une contrainte supplémentaire. D’après le même rapport, le service de la dette représentait environ un tiers des dépenses publiques en 2025, contre moins de 10 % en 2013. La Banque mondiale souligne que cette progression réduit les marges disponibles pour d’autres interventions publiques. Les dépenses sociales représentent 17,9 % du budget en 2026, selon ses données.
À moyen terme, les perspectives ne prévoient pas de recul sensible de la pauvreté. La Banque mondiale anticipe une croissance économique moyenne de 3,7 % entre 2026 et 2028, mais estime que le taux de pauvreté devrait rester voisin de 28 %. Le nombre de personnes vivant avec moins de 3 dollars par jour pourrait ainsi augmenter d’environ 840 000 entre 2025 et 2028, pour dépasser 9 millions.




