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A l’horizon 2030, le Cameroun et le Tchad tireront la croissance face à l’essoufflement des économies pétrolières en zone Cemac

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Derrière une croissance régionale globalement positive, les trajectoires nationales apparaissent de plus en plus contrasté. Le Cameroun et le Tchad devraient émerger comme les principaux moteurs de croissance de la sous-région à l’horizon 2030, tandis que les économies historiquement les plus dépendantes des hydrocarbures, notamment le Gabon et la Guinée Equatoriale, devraient subir les effets durables du déclin pétrolier.

Le Cameroun consoliderait son statut de locomotive sous régionale

Première économie de la Cemac, le Cameroun affiche la trajectoire la plus solide de la sous-région sur l’ensemble de la décennie. Son PIB nominal passerait de 23 469 milliards de Fcfa en 2020 à 34 593 milliards de Fcfa en 2025 avant d’atteindre 47 675 milliards de Fcfa à l’horizon 2030.

Après le ralentissement provoqué par la pandémie, la croissance réelle remonterait progressivement à 3,5% en 2025 à 5,8% en 2030. Cette dynamique reposerait essentiellement sur la montée en puissance du secteur non pétrolier, soutenu par les infrastructures, l’agro-industrie, les services et la consommation intérieure. Le pays conserverait par ailleurs des réserves extérieures relativement confortables équivalente à près de sept mois d’importations.

Le Tchad afficherait la progression la plus rapide

Le Tchad devrait enregistrer la croissance la plus soutenue de la zone. Son PIB nominal progresserait de 8 595 milliards de Fcfa en 2020 à 12 190 milliards de Fcfa en 2025 avant d’atteindre 16 390 milliards de Fcfa en 2030.

La croissance réelle atteindrait 5,9% en 2025 puis 5,7% en 2026 traduisant un redressement progressif de l’activité économique. Malgré une forte dépendante aux hydrocarbures, le pays bénéficie d’une amélioration des investissements publics et d’une reprise graduelle des activités non pétrolières, dans un environnement qui reste néanmoins exposé aux fragilités sécuritaires et budgétaires.

Congo et RCA : des trajectoires contrastés mais orientées à la hausse

Le Congo présenterait une trajectoire de reprise progressive après plusieurs années marquées par les chocs pétroliers et la crise sanitaire. Son PIB nominal passerait de 6 153 milliards de Fcfa en 2020 à 9 902 milliards de Fcfa en 2025 avec une projection de 12 267 milliards de Fcfa en 2030.

La croissance réelle, négative de 6,1% en 2020 remonterait à 3,8% en 2025 avant d’atteindre 8,1% à l’horizon 2030. Cette amélioration restera toutefois fragile dans un contexte de recul des exportations pétrolières et de retour au déficit courant.

La République Centrafricaine restera, quant à elle, l’une des principales surprises de la décennie. Encore marginale dans l’économie régionale, elle afficherait néanmoins une forte accélération de ses indicateurs, portée par l’essor du secteur aurifère. Son PIB nominal progresserait de 1 474 milliards de Fcfa en 2020 à 1 890 milliards de Fcfa en 2025 avant d’atteindre 4 797 milliards de Fcfa en 2030 selon le scénario de base de la BEAC. Cette dynamique serait notamment soutenue par une envolée de la production d’or estimée à 7 417 kg en 2025 contre seulement 770kg en 2024.

La Guinée Equatoriale et le Gabon fragilisés par le recul du pétrole

A l’inverse, le Gabon et la Guinée Equatoriale devraient rester les économies les plus exposées à l’érosion progressive de la rente pétrolière.

Au Gabon, le PIB nominal progresserait de manière relativement modéré passant 9 484 milliards de Fcfa en 2020 à 13 254 milliards de Fcfa en 2025, puis 17 316 milliards de Fcfa en 2030. Mais derrière cette hausse apparente, la dynamique économique montrerait des signes d’essoufflement. La croissance réelle retomberait à 1,1% en 2026 après 4% en 2025 tandis que le déficit budgétaire atteindrait 11,6% du PIB. Plus préoccupant encore, les réserves extérieures tomberaient à seulement 0,7 mois d’importations en 2025, illustrant les tensions croissantes sur les équilibres macroéconomiques.

La situation apparait encore plus délicate en Guinée Equatoriale. Son PIB nominal, passé de 5 695 en 2020 à 7 513 milliards de Fcfa en 2025, devrait quasiment stagner jusqu’à la fin de la décennie. Le pays enregistrerait une croissance réellement négative de -3,1% en 2026 puis de -3% en 2027, sous l’effet de l’effondrement progressif de la production d’hydrocarbures, qui passerait de 3,9 millions de tonnes en 2024 à seulement 2,6 millions de tonnes en 2026.

Rédaction
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