(BFI) – Des municipalités camerounaises envisagent une coopération avec la France dans le domaine des énergies renouvelables et des petites centrales électriques, afin de soutenir les entreprises locales et la transformation agricole. Les échanges, qui se sont tenus à Yaoundé le 12 octobre 2026, ont réuni l’association « Communes et Villes Unies du Cameroun » (CVUC) et une délégation française conduite par l’ambassadeur Sylvain Riquier, en présence de représentants de l’Agence française de développement (AFD) et d’Expertise France.
Selon les CVUC, les discussions ont porté sur les moyens de développer la production d’électricité à l’échelle municipale, dans le cadre de l’initiative « Commune productrice ». Celle-ci vise à accompagner les collectivités locales dans le développement d’activités économiques fondées sur les ressources disponibles sur leur territoire. Aucun engagement financier, aucune liste de communes bénéficiaires ni aucune date de mise en œuvre n’ont été annoncés.
La production d’électricité n’est qu’un volet de cette initiative, qui ambitionne également de favoriser la transformation locale et la création d’emplois. Gregory Mewanu, trésorier national des CVUC et maire de la ville de Kumba, a cité l’exemple du cacao : une ressource que les municipalités pourraient valoriser en développant des industries de transformation, plutôt que de dépendre essentiellement de l’exportation de fèves brutes. M. Mewanu a par ailleurs souligné la nécessité pour les collectivités locales de se coordonner avec les ministères compétents afin d’identifier des opportunités économiques et de lever les obstacles infrastructurels qui freinent le développement des entreprises.
Des projets énergétiques municipaux déjà à l’étude
Ces échanges s’inscrivent dans une dynamique visant à accorder aux municipalités camerounaises un rôle accru dans la production d’électricité. En mai 2026, l’organisme de régulation du secteur, l’ARSEL, a fait état d’avancées dans les accords de partenariat concernant deux projets de mini-centrales hydroélectriques à Bafang et Mandjo, dotées de capacités respectives de 3,4 MW et 4,6 MW. Selon le modèle de partenariat public-privé envisagé, les municipalités pourraient détenir jusqu’à 30 % du capital des sociétés chargées de développer ces installations. Ces projets sont distincts de la coopération potentielle évoquée avec la France.
L’accès à l’électricité demeure une contrainte, en particulier en dehors des grands centres urbains. D’après les données de la Banque mondiale, 72 % de la population camerounaise avait accès à l’électricité en 2024, contre 42,7 % en milieu rural. Le développement de capacités de production locales pourrait contribuer à combler les déficits d’approvisionnement qui entravent les activités productives dans certaines communes. La France soutient déjà des programmes destinés aux collectivités locales au Cameroun. En août 2026, l’AFD a annoncé un projet de décentralisation, doté de 4,5 millions d’euros (2,95 milliards de francs CFA), visant à renforcer la gouvernance et la prestation de services publics au sein des communes urbaines. Ce financement est sans lien avec les projets énergétiques municipaux envisagés.
Au-delà du secteur de l’énergie, la réunion du 12 octobre a porté sur la coopération en matière de mobilité urbaine, de voirie, d’assainissement, de lutte contre les inondations et d’entrepreneuriat. Le président de l’UCCC, Augustin Tamba, a appelé à un renforcement des partenariats pour accompagner les communes dans la mise en œuvre de leurs projets de développement, tandis que l’ambassadeur Riquier a souligné l’importance d’évaluer les résultats des programmes existants.
Selon l’UCCC, d’autres réunions de travail sont prévues afin d’examiner comment ces propositions pourraient se concrétiser en projets effectifs. Aucun accord concernant le financement ou la construction de centrales électriques municipales n’a été annoncé.
Christian Trésor Adong




