(BFI) – Les entreprises ETG (Export Trading Group) et Solevo figurent parmi les favoris pour l’attribution d’un important marché d’engrais estimé à 36 millions d’euros (environ 23,6 milliards de Fcfa) lié à la filière coton au Cameroun, dans un contexte où Yaoundé cherche à consolider les financements pour la Sodecoton (Société de développement du coton).
Les groupes ETG et Solevo sont actuellement pressentis comme les grands favoris pour remporter un marché d’engrais majeur estimé à environ 23,6 milliards de Fcfa au Cameroun. Ce marché stratégique est directement lié aux activités de la Sodecoton (Société de développement du coton).
Pour sécuriser les fonds nécessaires, l’État de Yaoundé a sollicité l’Agence française de développement (AFD) afin d’obtenir un prêt souverain de 40 millions d’euros. L’AFD a accepté d’examiner cette demande. La validation de ce prêt est cruciale pour la filière cotonnière camerounaise, car elle permettrait de préserver et maintenir une subvention de 10 millions d’euros octroyée par l’Union européenne.
Si Solevo Group et ETG (Export Trading Group) se positionnent en favoris, d’autres négociants du secteur comme Midgulf ou Patel restent associés aux dynamiques d’approvisionnement de la filière.
Solevo, leader de la distribution d’engrais au Cameroun
Spécialisé dans la distribution d’intrants agricoles et de produits chimiques en Afrique, le groupe Solevo est contrôlé par le fonds d’investissement Development Partners International (DPI) et fait du Cameroun l’un de ses marchés stratégiques sur le continent. Ses capacités industrielles, logistiques et technologiques en font un acteur incontournable pour remporter et exécuter de grands contrats d’approvisionnement comme celui de la Sodecoton.
Situé dans la zone industrielle de Bonabéri à Douala, Solevo dispose sur place d’une capacité de mélange de 35 000 tonnes (35 kt) par mois. Cette infrastructure permet de formuler des engrais « sur mesure » (mélanges NPK spécifiques) adaptés aux types de sols et aux cultures industrielles locales (coton, café, cacao, caoutchouc). L’entreprise détient une part de marché estimée à 60 % dans la distribution d’engrais au Cameroun qui représente le deuxième marché le plus important en termes de chiffre d’affaires pour l’ensemble du groupe panafricain Solevo (présent dans plus de 10 pays d’Afrique).
La logistique de Solevo Cameroun exerce un impact déterminant et vital sur l’approvisionnement du Grand Nord (Nord, Extrême-Nord et Adamaoua), une immense zone cotonnière de 102 000 km² où bat le cœur économique de la Sodecoton. La réussite de la campagne cotonnière repose sur un défi de synchronisation parfaite entre la côte littorale et le Septentrion.
Le premier grand impact réside dans la capacité à transférer massivement les engrais depuis la côte jusqu’au bassin cotonnier. Les matières premières déchargées et formulées au hub de Bonabéri (Douala) doivent transiter par rail (Camrail via Ngaoundéré) puis par route vers les grands centres de stockage de Garoua ou Maroua.
Le coton a un besoin d’engrais (notamment les formules NPK sur mesure et l’urée) à des moments extrêmement précis du cycle végétatif. La force de frappe logistique de Solevo garantit que les volumes d’intrants soient pré-positionnés dans le Grand Nord avant le début de la saison des pluies, période où les pistes rurales deviennent impraticables.
Une fois les engrais de Solevo arrivés dans les bases septentrionales, un système de relais logistique s’active avec la Sodecoton. L’entreprise utilise sa propre flotte d’environ 150 camions et tracteurs ainsi que son parc de génie civil pour entretenir plus de 8 000 à 9 000 km de pistes rurales chaque année. Cela permet d’acheminer les engrais Solevo jusqu’aux petits producteurs dans les villages reculés et de ramener ensuite le coton-graine vers les 9 usines d’égrenage.
Dans une région de plus en plus touchée par des inondations sévères (notamment en août et septembre), la planification logistique de Solevo en amont s’avère essentielle pour éviter que des ruptures de stocks ne fassent chuter les rendements, déjà fragilisés par le climat et les parasites.
Omer Kamga




