(BFI) – Dynamiser les échanges commerciaux entre les pays africains demeure une priorité économique majeure. Il existe un potentiel considérable pour accélérer la croissance du commerce intra-africain afin de débloquer les investissements, de catalyser l’industrialisation, notamment la transformation et la valorisation de nos ressources naturelles.
Selon le rapport « L’Afrique en chiffres 2025 » publié par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), le commerce intra-africain a progressé de 5,4 % en 2024 pour atteindre 206,6 milliards de dollars américains. La mise en œuvre continue de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) devrait encore renforcer cette croissance. Il est impératif de persévérer dans la réduction des lacunes persistantes en matière de commerce, d’investissement et d’information sur les marchés, qui continuent de freiner la croissance des entreprises. Sur tout le continent, les entreprises sont pénalisées par une connaissance limitée des opportunités de marché, un manque de clarté des informations réglementaires et un accès restreint au financement du commerce, autant d’obstacles à leur expansion internationale. Découvrez la Foire intra-africaine (IATF), premier marché du commerce et de l’investissement en Afrique et moteur de l’intégration économique du continent. Forte du succès de sa quatrième édition record, IATF2025 à Alger, qui a généré 50 milliards de dollars d’accords commerciaux et d’investissement, la Foire continue de consolider sa position de catalyseur du commerce intra-africain. L’impact réel de l’IATF réside dans sa capacité à connecter les entreprises, à créer des opportunités et à transformer les ambitions en résultats commerciaux concrets.
IATF2025 a mis en lumière la dynamique croissante du commerce en Afrique, avec une augmentation significative de la participation, du volume et de la valeur des transactions. Bien plus qu’une simple vitrine, la Foire a démontré son efficacité en tant que plateforme pour élargir l’accès aux marchés, promouvoir les produits et services africains, attirer les investissements et connecter les entreprises à de nouvelles opportunités. Elle continue de produire des résultats tangibles en facilitant les partenariats et en renforçant les chaînes de valeur régionales et continentales.
L’IATF s’est fermement imposée comme l’un des moteurs les plus influents du commerce, de l’investissement et de l’intégration économique en Afrique. Désormais, tous les regards sont tournés vers le Nigéria. Lagos accueillera l’IATF2027 du 5 au 11 novembre 2027, réunissant entreprises, investisseurs, décideurs politiques, chercheurs, créatifs et innovateurs de tout le continent. L’ambition de cette édition 2027 à Lagos témoigne de l’immensité des opportunités offertes par l’Afrique. Avec des objectifs de plus de 50 milliards de dollars d’accords commerciaux et d’investissement, plus de 100 000 visiteurs et plus de 2 500 exposants, l’IATF2027 s’annonce comme l’édition la plus importante jamais organisée. Placée sous le thème « Afrique mondiale, commerce intelligent : de l’accès au marché au pouvoir de marché », cette initiative marque un tournant décisif, positionnant l’Afrique non seulement comme un acteur, mais aussi comme une force déterminante pour façonner son propre avenir économique.
Au-delà des chiffres clés – plus de 180 000 participants, 6 600 exposants venus de 132 pays et plus de 167 milliards de dollars d’accords commerciaux et d’investissement cumulés lors de ses quatre premières éditions – le message est clair : les entreprises africaines sont prêtes à se développer, à être compétitives et à prendre les devants, et le continent regorge d’opportunités. Le véritable frein n’est pas la demande, mais l’accès, et plus précisément le besoin de mécanismes structurés et efficaces permettant aux entreprises d’identifier les opportunités, de nouer des partenariats avec les acteurs clés et de réaliser des transactions à grande échelle. L’IATF est à l’avant-garde de la levée de ces obstacles et de la libération du plein potentiel commercial de l’Afrique. D’après le rapport « Impact de la Foire commerciale intra-africaine (IATF) sur le développement et le commerce, 2018-2024 », 62,4 % des accords conclus ont directement soutenu le commerce intra-africain, représentant plus de 8,5 milliards de dollars américains par édition depuis 2018. Près de 360 000 petites entreprises et PME en bénéficient, dont des milliers d’entreprises dirigées par des femmes et des jeunes. L’impact positif sur l’emploi est également significatif : pour chaque million de dollars américains investi dans l’IATF, environ 42 emplois sont créés, ce qui signifie que chaque édition de la foire soutient plus d’un demi-million d’emplois directs sur le continent. Cela montre que le défi de l’Afrique n’est pas un manque de capacités, mais un manque de connexion entre les acteurs.
Pour maintenir la dynamique du commerce et des investissements, la priorité du continent est de garantir aux entreprises un accès continu aux informations, aux partenariats et aux systèmes de soutien dont elles ont besoin. C’est pourquoi des plateformes comme IATF Virtual, conçues pour maintenir les échanges entre entreprises, assurer la visibilité des exposants, permettre aux gouvernements et aux entreprises d’assurer le suivi des pistes et soutenir un dialogue intersectoriel tout au long de l’année, sont essentielles. Cette plateforme a le potentiel de devenir le marché permanent du continent. Pour les PME, souvent confrontées à des obstacles liés aux coûts, aux déplacements et à la logistique, de telles plateformes permettent de surmonter ces difficultés.
Alors que le Nigéria s’apprête à accueillir l’IATF2027, le moment est plus qu’opportun. Le pays est essentiel à la réussite de la ZLECAf, non seulement en raison de la taille de son marché, mais aussi grâce à ses vastes ressources naturelles et à son potentiel industriel. Producteur majeur de pétrole et de gaz, de minéraux solides, notamment de lithium, de minerai de fer et d’or, indispensables aux futures chaînes de valeur, et de produits agricoles clés, le Nigéria est idéalement placé pour impulser l’industrialisation dont le continent a besoin.
Il est essentiel que les entreprises nigérianes et africaines saisissent pleinement les opportunités offertes par la zone de libre-échange continentale. La bonne nouvelle est que le continent s’oriente déjà dans cette direction. Au Nigéria, par exemple, des programmes de renforcement des capacités, des ateliers de préparation à l’exportation, un soutien à la certification et des partenariats avec des institutions telles que le Conseil nigérian de promotion des exportations et l’Agence nigériane de développement des petites et moyennes entreprises contribuent à doter les PME des connaissances et des outils nécessaires pour commercer au-delà des frontières africaines. L’État de Lagos, par exemple, consolide les fondements de la réussite grâce à des investissements dans le port en eau profonde de Lekki et les corridors logistiques, au développement de pôles industriels et au soutien apporté par des centres de développement des entreprises. Pour l’avenir, le message est clair : l’Afrique est prête à accroître ses échanges intra-africains, mais il est crucial de ne pas relâcher cette dynamique. Le continent a démontré la viabilité du concept, prouvé son intérêt et constaté les résultats. Avec l’une des plus grandes économies et le pays le plus peuplé d’Afrique accueillant désormais le plus grand marché du continent, le défi consiste à transformer le succès actuel en une croissance exponentielle.
Kanayo Awani est vice-président exécutif de la Banque de développement du commerce intra-africain et des exportations à la Banque africaine d’import-export (Afreximbank)




