(BFI) – Le Cameroun étudie la possibilité d’alléger les procédures d’octroi des permis d’exploration minière afin d’attirer davantage d’investissements et de valoriser le potentiel minier du pays en retombées économiques plus importantes. Cette question a été soulevée le 28 août 2026 par le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, lors d’un atelier à Yaoundé consacré à l’examen de la mise en œuvre du Code minier camerounais de 2023.
Organisé par le Département de sciences politiques de l’Université de Yaoundé II, cet atelier a réuni des universitaires et des acteurs du secteur minier afin d’évaluer le code et d’identifier les améliorations possibles du cadre juridique et institutionnel régissant le secteur. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, a assisté à la cérémonie d’ouverture. Le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a indiqué que les discussions visaient à identifier des pistes d’amélioration de la réglementation minière. Le ministère de l’Enseignement supérieur a précisé que les participants ont également examiné des mesures destinées à rendre le secteur plus attractif pour les investisseurs et à optimiser les opérations minières.
Les permis d’exploration, une priorité d’investissement
Gentry a déclaré que les permis d’exploration nécessitent une attention particulière car seule une faible part des activités d’exploration aboutit à des gisements économiquement viables. Il a fait valoir que le Cameroun a besoin de procédures simplifiées pour l’obtention de ces permis afin de mieux concurrencer les pays offrant des conditions plus favorables pour attirer les investissements directs étrangers.
Ces changements interviennent alors que le gouvernement cherche à faire évoluer le secteur minier camerounais, largement axé sur l’exploration, vers une production industrielle à plus grande échelle. Selon le MINMIDT, cinq grands projets miniers, couvrant le minerai de fer, la bauxite, le marbre et l’or, sont entrés à différents stades de développement ou de mise en service depuis 2025. Le ministère cite également les projets de minerai de fer de Mbalam, Nkout et Ngovayang, ainsi que les projets aurifères de Mborguéné et Bibemi, parmi ceux qui progressent vers le développement ou la production.
Le gouvernement affirme que le Code minier de 2023 a contribué à faire avancer plusieurs projets, mais que des ajustements supplémentaires sont nécessaires pour attirer des capitaux supplémentaires, notamment dans le secteur des minéraux critiques. La contribution actuelle du secteur à l’économie demeure faible. Selon les estimations de la Banque mondiale concernant la situation économique du Cameroun en 2025, le secteur minier ne représente que 0,2 % du PIB et moins de 0,1 % des recettes publiques, malgré un potentiel minier estimé à 3,9 milliards de tonnes de minerai de fer, 140 millions de tonnes de bauxite et 20 400 kilogrammes d’or.
Le gouvernement souhaite une meilleure rentabilité du secteur minier
Cette analyse intervient alors que le gouvernement s’efforce d’accroître les retombées fiscales et économiques du secteur minier. Le ministère des Mines, de l’Exploitation minière et du Développement (MINMIDT) a indiqué que des réformes ciblant l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or pourraient générer 8,64 milliards de francs CFA de recettes prévisionnelles si 100 sites miniers illégaux étaient régularisés. Le ministère a également estimé la production annuelle potentielle d’or à 1 320 kilogrammes dans le cadre du dispositif opérationnel révisé.
L’atelier du 28 août a donc placé l’octroi de permis d’exploration, au même titre que la réglementation, l’attraction des investissements et la génération de revenus, parmi les principaux enjeux qui façonneront la prochaine phase du développement minier du Cameroun.




