(BFI) – Le fleuron hôtelier Djeuga Palace de Douala vit-il ses dernières heures sur le site de l’ex-Regifercam ? Suite à une ordonnance de référé explosive, notifiée le vendredi 21 août 2026, l’établissement appartenant au député Jean-Claude Feutheu a reçu un ultimatum de 48 heures pour libérer un domaine ferroviaire stratégique. Derrière cette sommation de déguerpir, se cache un bras de fer foncier estimé à 10 milliards de Fcfa.
Au cœur de ce feuilleton juridico-financier, une affaire de spoliation présumée du domaine privé de l’État. Le Cabinet Conseil Atou, mandataire chargé de la liquidation des actifs de l’ancienne régie des chemins de fer (Regifercam), accuse le promoteur d’avoir étendu illégalement son complexe. Alors que l’acquisition initiale ne portait que sur une parcelle de 5 937 m² pour 29 millions de FCFA, l’hôtel occuperait aujourd’hui un espace de 1,7 hectare. Une surface dont la valeur actuelle donne le tournis : près de 10 milliards de FCFA.
Cette notification d’expulsion, délivrée par huissier de justice, est le dernier rebondissement d’un véritable ping-pong administratif. En février dernier, le ministère des Domaines (MINDCAF) avait purement et simplement annulé le titre foncier de l’hôtel pour fraude. Si les avocats du député Feutheu avaient réussi à obtenir un sursis provisoire fin juillet devant le Tribunal administratif, une nouvelle décision ministérielle et l’ordonnance n°506/H du Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo viennent de sceller le sort de l’établissement.
Le dénouement de cette affaire pose une question de fond sur l’échiquier politique et économique camerounais : l’État est-il enfin décidé à récupérer ses biens spoliés, quitte à faire tomber des icônes des affaires ? Jean-Claude Feutheu, parlementaire influent, voit son empire vaciller à Douala. Alors que le délai de 48 heures est désormais expiré, les regards se tournent vers le boulevard de la République. Reste à savoir si les forces de l’ordre passeront à l’action pour une expulsion forcée, ou si un ultime recours sauvera l’hôtel et ses nombreux emplois.
Cédric Boyomo




