(BFI) – Les préparatifs du Cameroun pour la technologie mobile de cinquième génération sont presque achevés, mais son déploiement commercial dépendra encore de la finalisation des investissements des opérateurs dans les réseaux et de la résolution de plusieurs contraintes d’infrastructure. L’Autorité de régulation des télécommunications (ART) indique que la plupart des travaux préliminaires nécessaires au déploiement de la 5G sont terminés.
Aucune date de lancement commercial n’a encore été annoncée. Le directeur général de l’ART, le professeur Philémon Zo’o Zame, a présenté les avancées lors d’un entretien avec la chaîne de télévision publique CRTV le 18 août. Il a précisé que l’autorité de régulation avait consulté la présidence de la République, le cabinet du Premier ministre et le ministère des Postes et Télécommunications dans le cadre de ces préparatifs.
L’ART a également examiné les plans d’investissement des opérateurs et inspecté les centres de données et les sites de réseau afin de vérifier la mise en œuvre des engagements de dépenses annoncés. « Nous avons travaillé avec les opérateurs sur leurs investissements et effectué des visites sur le terrain pour vérifier l’efficacité des investissements annoncés. Nous avons pratiquement achevé l’ensemble du processus nécessaire au lancement de la 5G », a déclaré le professeur Zo’o Zame.
Les obstacles qui persistent entre le Cameroun et la 5G
Malgré les progrès réalisés, plusieurs conditions restent à remplir avant le déploiement commercial. L’approvisionnement fiable en électricité est l’une des contraintes identifiées par l’ART. L’autorité de régulation a entamé des discussions avec les fournisseurs d’énergie, car les sites mobiles, les centres de données et les autres infrastructures réseau nécessitent une alimentation électrique stable. La capacité de la fibre optique est une autre priorité. Le TRB a indiqué avoir consulté l’opérateur d’infrastructures passives IHS Cameroon et l’opérateur de télécommunications public CAMTEL. Les discussions avec CAMTEL ont porté notamment sur l’infrastructure de fibre optique nécessaire pour acheminer les volumes de données plus importants attendus des services 5G.
La gestion du spectre fait également partie des travaux préparatoires. L’ART s’attaque au problème des interférences causées par les installations de télévision, de radio et autres fonctionnant sans fréquences appropriées, qui, selon le professeur Zo’o Zame, peuvent perturber les réseaux mobiles. L’autorité de régulation travaille également sur les bandes de fréquences à attribuer aux opérateurs et sur les conditions techniques nécessaires au maintien de la stabilité du réseau avant et pendant le déploiement.
Parallèlement, les opérateurs sont invités à accroître leurs investissements dans les réseaux et les équipements. MTN Cameroun a déjà annoncé un programme d’investissement de près de 300 millions de dollars pour la période 2025-2027. Lors d’une inspection de ses installations à Douala par l’ART en avril 2026, MTN a indiqué que ce programme soutiendrait l’expansion du réseau, une meilleure fiabilité du service et des technologies telles que l’IMS-VoLTE, dans le cadre de sa préparation au déploiement de la 5G.
Ces dépenses interviennent alors que la demande en données mobiles continue de croître. L’Observatoire du marché des communications électroniques 2024 du TRB montre que les investissements dans le secteur ont augmenté de plus de 35 %, pour atteindre près de 194,5 milliards de francs CFA. Le chiffre d’affaires total du secteur a dépassé 1 022 milliards de francs CFA, soit une hausse de 18 % par rapport à l’année précédente, tandis que la contribution du secteur au produit intérieur brut est passée de 2,92 % en 2023 à 3,16 % en 2024, selon l’autorité de régulation.
Elise Nguélé



