(BFI) – Le Japon étudie la possibilité d’organiser un festival culturel au Cameroun en 2027, dans le cadre d’une initiative plus large visant à renforcer ses liens bilatéraux dans les secteurs culturel et créatif. Ce projet de festival était au cœur des discussions lors d’une rencontre, le 14 août 2026 à Yaoundé, entre le ministre des Arts et de la Culture, Bidoung Mkpatt, et l’ambassadrice du Japon au Cameroun, Minami Kentaro.
L’initiative n’est pas encore finalisée, mais elle marque un tournant dans la coopération, longtemps axée sur les projets de développement, les infrastructures et le soutien à divers secteurs économiques. Tokyo souhaite désormais développer son engagement culturel au Cameroun et intensifier les échanges entre les deux sociétés. Le festival ne devrait pas se limiter aux produits culturels japonais les plus connus du public camerounais, notamment les mangas et les animés. Les discussions porteront également sur la promotion de la musique, des arts traditionnels, des formes d’expression contemporaines et de diverses pratiques culturelles et savoir-faire traditionnels japonais. L’ambassade du Japon sollicite le soutien du ministère des Arts et de la Culture pour la préparation et l’organisation de cet événement.
Au-delà de la diplomatie culturelle
Ce projet de festival s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les deux pays pour explorer une coopération dans les secteurs culturels susceptibles de générer une activité économique. Le cinéma, le design, les arts et l’artisanat, la conservation du patrimoine, la numérisation et la promotion culturelle figurent parmi les domaines identifiés lors des discussions. Ces secteurs pourraient ouvrir la voie à une coopération allant au-delà de la simple promotion culturelle et incluant la formation, le transfert de connaissances et le développement des industries créatives. Le Cameroun souhaite tout particulièrement s’inspirer de l’expérience japonaise en matière de conservation et de promotion du patrimoine, ainsi que dans des secteurs tels que l’animation, le design et les contenus culturels.
Ce regain d’intérêt pour le renforcement des liens culturels fait suite à la participation du Cameroun à l’Exposition universelle de 2025 à Osaka, où le pays a cherché à présenter son patrimoine, son potentiel touristique et une partie de son savoir-faire à un public international. L’Exposition a permis au Cameroun d’accroître son rayonnement au Japon. Le festival prévu pour 2027 offrira, quant à lui, une plateforme pour présenter la culture japonaise au public camerounais.
La coopération reste à structurer
Le ministère des Arts et de la Culture indique qu’il apporte déjà un soutien technique aux événements organisés par l’ambassade du Japon au Cameroun. Toutefois, la mise en place d’un cadre de coopération plus structuré nécessitera de concrétiser les discussions en projets tangibles. Dans cette optique, Bidoung Mkpatt a proposé la création d’une unité technique conjointe chargée de coordonner et d’assurer le suivi des différentes initiatives évoquées. Cette étape sera cruciale.
À ce stade, ni le budget du festival, ni son programme détaillé, ni les modalités de financement ou de participation n’ont été précisés dans les informations publiées jusqu’à présent. L’ampleur de cette nouvelle coopération culturelle dépendra donc de la capacité des deux parties à transformer leurs intentions en programmes durables, notamment dans les secteurs culturels et créatifs. L’édition 2027 du festival pourrait servir de première vitrine à cette nouvelle orientation. Son importance serait d’autant plus grande s’il servait également de tremplin à des partenariats dans les domaines de la formation, de la numérisation du patrimoine, de la création artistique et de l’accès aux marchés culturels.
Cédric Boyomo



