AccueilSecteursEconomieLa CAA formalise son ambition de devenir guichet national du Fonds vert...

La CAA formalise son ambition de devenir guichet national du Fonds vert pour le climat

-

En consolidant son processus d’accréditation au Fonds vert pour le climat, la CAA veut se positionner comme guichet national unique des ressources climat, avec à la clé des commissions sur les flux et une capacité accrue de structuration de projets verts.Cette montée en puissance d’un acteur historiquement dédié à la dette publique intervient dans un contexte où Yaoundé cherche à internaliser davantage la structuration de ses financements climat. Le MINEPDED a demandé à la CAA, dès 2023, de se porter candidate comme « Entité nationale d’exécution » auprès du FVC dans le cadre du Plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNACC), avec la perspective de gérer directement les flux liés aux futurs projets verts.

Historiquement chargée de la gestion opérationnelle de la dette publique et des fonds d’emprunt de l’État, la CAA voit son mandat s’étendre vers la finance durable. Créée par décret en 1985 comme établissement public sous tutelle du ministère des Finances, l’institution assure le service de la dette, la gestion des emprunts publics et la tenue de certaines fonctions de dépositaire central, en appui à la stratégie de financement de l’État camerounais. L’ambition climatique consiste à capitaliser sur ce savoir-faire de gestion de flux souverains pour capter et redistribuer des ressources concessionnelles liées au climat.

Du côté de la politique publique, le MINEPDED est déjà désigné comme autorité nationale auprès du Fonds vert pour le climat, responsable du pilotage global des engagements du Cameroun au titre de l’Accord de Paris. Dans son bilan de mise en œuvre de l’Accord de Paris, le ministère rappelle qu’il agit comme point focal national du FVC et supervise les entités d’exécution accréditées ou en cours d’accréditation. L’accréditation de la CAA s’inscrit donc dans une architecture qui sépare l’orientation stratégique, assumée par le MINEPDED, et la gestion financière, confiée à un opérateur spécialisé.

Sur le plan opérationnel, le processus d’accréditation de la CAA auprès du Fonds vert pour le climat s’accompagne d’objectifs financiers précis. L’institution indique qu’une accréditation comme entité nationale d’exécution pourrait lui permettre de gérer un financement de préparation de projets climat estimé à 1,54 milliard FCFA (environ 2,5 millions USD) destiné au PNACC. La CAA prévoit également une rémunération comprise entre 8,5 % et 10 % sur les financements verts concernés.

Au-delà de ces flux initiaux, l’objectif affiché est de créer un guichet national capable de structurer des programmes multi-acteurs dans des secteurs variés. Les priorités identifiées couvrent l’agriculture résiliente, l’énergie et les infrastructures bas-carbone, la gestion durable de l’eau ainsi que la réduction des risques liés aux catastrophes climatiques, domaines qui concentrent une partie importante des besoins de financement de l’agenda climat camerounais.

Sur le plan stratégique, l’accréditation de la CAA est pensée comme un levier pour accélérer la mise en œuvre des engagements climatiques du pays. Le Plan national climat adopté en 2025 prévoit une montée en charge des investissements d’adaptation, notamment dans les secteurs de l’eau, de l’énergie et des infrastructures, et mise sur une combinaison de ressources budgétaires internes et de financements internationaux pour combler le déficit d’investissement.En plaçant un opérateur financier national au cœur du dispositif FVC, le gouvernement cherche à réduire la dépendance à des institutions internationales pour la structuration des dossiers et la gestion fiduciaire des fonds.

Les priorités budgétaires récentes confortent cette trajectoire. Les allocations orientées vers des projets sensibles au climat et à l’environnement, comme les programmes de cuisson propre ou de gestion de l’eau identifiés dans le budget d’investissement public, illustrent la volonté de verdir progressivement la programmation publique, même si les montants restent modestes face aux besoins estimés. Un guichet CAA-FVC doit précisément permettre de faire levier sur ces lignes budgétaires pour attirer des cofinancements concessionnels.

La prochaine étape clé se jouera désormais au niveau des instances du Fonds vert pour le climat, qui doivent examiner le dossier d’accréditation de la CAA au terme du processus d’évaluation fiduciaire et de conformité environnementale et sociale. L’institution camerounaise indique avoir lancé un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner des consultants chargés de l’accompagner dans la mise en place des procédures exigées par le FVC, signe que la phase de préparation technique est en cours d’intensification.

Si l’accréditation est confirmée lors d’une prochaine session du conseil d’administration du FVC, la CAA pourra alors soumettre ses premiers portefeuilles de projets et tester son rôle de guichet national, avec un impact direct sur la capacité du Cameroun à transformer ses stratégies climat en investissements bancables.

Rédaction
Rédaction
Média multi-support édité par l’Agence Rhéma Service, cabinet de communication et de stratégie basé à Douala, Business & Finance International regroupe des partenaires internationaux issus du monde des médias, des affaires et de la politique, mus par la volonté de fournir une information vraie, crédible et exploitable pour un investissement sûr en Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici