(BFI) – L’élargissement de la route d’accès nord de Yaoundé accuse un retard considérable, faisant planer une nouvelle incertitude sur l’achèvement de l’un des projets de transport urbain les plus importants du Cameroun.
Au 14 juillet 2026, le projet était réalisé à 25,86 %, alors que 89,11 % du délai contractuel de construction était déjà écoulé, selon le ministère des Travaux publics. Cet écart de plus de 63 points de pourcentage a incité le ministère à demander à l’entreprise Arab Contractors d’accélérer les travaux sur l’autoroute reliant le quartier d’Olembé à l’échangeur d’Obala.
La construction a néanmoins progressé sur plusieurs tronçons. Les ouvriers ont achevé 9 194 mètres de la couche de fondation en latérite naturelle et 6 650 mètres de la couche de base en pierre concassée, tandis que 2 700 mètres ont déjà été revêtus d’enrobé bitumineux. Les travaux de drainage sont également en cours.
Selon le ministère, l’une des principales causes du retard est la libération incomplète des terrains nécessaires au projet. Plusieurs réseaux et installations de services publics occupent encore le corridor de construction, notamment les infrastructures de Camtel, Socadel et Camwater, ainsi que des câbles à fibre optique. Un repère géodésique et une caméra de surveillance exploités par la Délégation générale à la sécurité nationale doivent également être déplacés. Ces obstacles ont limité l’accès de l’entrepreneur à certaines parties du site et empêché les équipes de travailler simultanément sur l’ensemble du tracé. Le ministère estime que les travaux devraient progresser plus rapidement une fois les terrains restants libérés et la mobilisation de l’entrepreneur accrue.
Le projet est également affecté par des négociations concernant les coûts de construction supplémentaires. Selon le ministère des Travaux publics, les discussions portent sur la construction de ponts, le renforcement des remblais par géogrille et le recyclage de sections de la chaussée existante. Ces activités n’étant pas entièrement couvertes par le prix initial du contrat, le gouvernement et l’entrepreneur doivent d’abord s’entendre sur de nouveaux tarifs avant que les travaux puissent commencer. Le ministère n’a pas divulgué le montant des ajustements proposés ni s’ils pourraient augmenter le coût total du projet.
L’élargissement de la route vise à fluidifier la circulation sur l’axe nord de Yaoundé, un axe très congestionné emprunté par les navetteurs entre la capitale, Obala et les régions de l’Ouest, du Nord-Ouest et de l’Adamaoua. Alors que les travaux sont réalisés à moins de 26 % et que l’échéance contractuelle approche, la finalisation du projet dépend désormais du déblaiement des emprises restantes, du déplacement des infrastructures de services publics et de la conclusion des négociations tarifaires en cours entre le gouvernement et l’entrepreneur.
Cédric Boyomo



