(BFI) – Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) cherche un partenaire financier pour installer et exploiter des mini-agences bancaires et des kiosques de Mobile Money dans ses centres de vie aménagés le long des principaux corridors routiers du pays. L’entreprise publique a publié un avis à manifestation d’intérêt à cet effet. Les candidats disposent jusqu’au 23 juillet 2026 pour soumettre leurs offres.
La première phase du projet concerne le centre de vie de Dibamba, près de Douala. Le dispositif pourrait ensuite être étendu aux sites de Kousséri, Ngoulentang, Garoua-Boulaï et Ngaoundéré.
Selon l’avis, le partenaire retenu devra proposer des services bancaires et financiers digitaux destinés aux transporteurs routiers, aux autres usagers des centres ainsi qu’aux populations riveraines. L’opération s’inscrit dans la stratégie de modernisation des infrastructures du CNCC et de diversification des services proposés sur les corridors Douala-Bangui et Douala-N’Djamena.
Cet appel à manifestation d’intérêt intervient quelques mois après le lancement d’un autre projet consacré à l’implantation de stations-service dans certains centres de vie du CNCC. Le 23 mars 2026, l’entreprise avait recherché un partenaire technique et financier pour assurer la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance de stations-service à Ngoulentang, Garoua-Boulaï et Kousséri.
Le projet prévoit la distribution de carburants et de lubrifiants ainsi que le développement de services connexes, dans le cadre d’un partenariat public-privé ou d’une convention de concession.
Au terme de la procédure de sélection, le CNCC a retenu Tradex, filiale de la Société nationale des hydrocarbures, pour développer et exploiter ces installations. Avec les stations-service et les futurs points de services financiers, l’entreprise publique poursuit son ambition de faire de ses centres de vie des plateformes intégrées pour le transport routier. Ces sites doivent regrouper, dans un même espace, des services de ravitaillement, de stationnement, de restauration, d’hébergement et d’accompagnement des transporteurs.
Sécuriser les transactions des transporteurs
L’installation de banques et de kiosques de Mobile Money répond aux besoins d’un secteur dans lequel les chauffeurs, chargeurs, commissionnaires en douane et autres acteurs de la chaîne logistique effectuent régulièrement des opérations financières. Ces transactions concernent notamment le paiement des frais de route, les transferts d’argent, les salaires, les dépenses de carburant, les achats de produits de première nécessité et diverses prestations liées au fret.
En rapprochant les services financiers des zones de stationnement, le CNCC entend limiter les déplacements des conducteurs en dehors des sites sécurisés et faciliter leurs opérations pendant les périodes d’attente ou de repos.
Les centres de vie ont notamment été aménagés pour réduire les stationnements anarchiques de camions le long des routes, qui augmentent les risques d’accident, de vol et d’insécurité pour les conducteurs comme pour les marchandises. La présence de services bancaires sur place pourrait ainsi renforcer la fréquentation de ces infrastructures et améliorer leur attractivité auprès des transporteurs.
Une opportunité pour les banques et le Mobile Money
Pour les établissements financiers, les centres de vie offrent un accès direct aux acteurs du transport et de la logistique présente sur les corridors vers la République centrafricaine et le Tchad. La clientèle potentielle comprend les chauffeurs en transit, les propriétaires de camions, les commissionnaires, les commerçants, les personnels des entreprises logistiques et les populations installées à proximité des sites. L’implantation de mini-agences ou de kiosques permettrait également aux opérateurs financiers d’étendre leur présence physique sans supporter l’ensemble des coûts associés à l’ouverture d’une agence bancaire classique.
Cette configuration pourrait être particulièrement adaptée au Mobile Money, dont les services de dépôt, de retrait et de transfert sont largement utilisés pour les transactions de proximité.
La viabilité commerciale du dispositif dépendra toutefois de plusieurs facteurs : le volume réel de fréquentation de chaque centre, le niveau des transactions, les conditions de sécurité, la disponibilité du réseau télécoms et les modalités financières négociées avec le CNCC.
Diversifier les revenus des centres de vie
Pour le CNCC, l’installation de nouveaux opérateurs pourrait générer des recettes issues de la location d’espaces, des concessions ou du partage de revenus, selon le modèle contractuel qui sera finalement retenu. Cette diversification permettrait de mieux valoriser les infrastructures déjà construites et de renforcer leur modèle économique, au-delà de leur fonction initiale d’accueil et de sécurisation des transporteurs.
En combinant stations-service, restauration, hébergement et services financiers, le CNCC cherche ainsi à faire de ses centres de vie de véritables points d’activité économique sur les principaux axes de transit du Cameroun. Le succès du projet dépendra néanmoins de la capacité de l’entreprise à attirer des partenaires financiers disposés à investir dans des sites parfois éloignés des grands centres urbains, tout en garantissant un volume de transactions suffisant pour rentabiliser leur implantation.



