(BFI) – Le gouvernement camerounais remet la prévention routière au centre de son dispositif à l’approche des grands départs en vacances et de la rentrée scolaire. Dans un communiqué signé le 23 juin 2026, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, a annoncé le lancement d’une campagne spéciale de prévention et de sécurité routières sur l’ensemble du territoire national.
L’opération se déroulera du 25 juin au 30 septembre 2026, sous le thème : « Sécurité routière : pour des vacances et une rentrée scolaire sans accidents ». Elle vise à contenir les risques d’accidents durant une période traditionnellement marquée par une forte intensification des déplacements interurbains.
Le sujet reste sensible. Malgré les campagnes successives, les routes camerounaises continuent d’enregistrer des accidents meurtriers impliquant des bus de transport en commun, des camions, des véhicules particuliers ou encore des motos. Selon les données présentées par le ministère des Transports devant le Parlement, le Cameroun a recensé 1 781 accidents de la circulation et 678 décès en 2024. Ces chiffres sont en recul par rapport à 2011, mais ils confirment que l’insécurité routière demeure un problème majeur de santé publique et de sécurité des transports.
Vitesse, surcharge et mauvais état des véhicules dans le viseur
La campagne cible les principaux facteurs de risque observés sur les routes camerounaises. Le ministère des Transports appelle les conducteurs à respecter strictement les limitations de vitesse, à veiller au bon état mécanique des véhicules, à proscrire la conduite sous l’emprise de l’alcool ou des stupéfiants et à porter systématiquement la ceinture de sécurité.
Les autorités entendent également lutter contre les infractions récurrentes qui aggravent les risques d’accident. Il s’agit notamment de la surcharge des véhicules de transport en commun, du non-respect des charges autorisées, des dépassements dangereux, du chevauchement des lignes continues, du stationnement anarchique et de l’ensemble des comportements susceptibles de mettre en danger les autres usagers.
Cette offensive intervient dans un contexte où les grands axes interurbains restent particulièrement exposés. Les corridors Yaoundé-Douala, Yaoundé-Bafoussam et Douala-Bafoussam figurent régulièrement parmi les itinéraires les plus accidentogènes du pays, en raison de l’intensité du trafic, de la cohabitation entre poids lourds et véhicules de transport en commun, mais aussi de l’état de certains tronçons routiers.
La vidéo-verbalisation appelée à monter en puissance
L’édition 2026 de la campagne se distingue par un renforcement annoncé des moyens de contrôle. Le ministère des Transports indique que les équipes déployées sur le terrain procéderont à une utilisation accrue des moyens électroniques, notamment à travers un système intelligent de détection des infractions reposant sur la vidéo-verbalisation.
L’objectif affiché est de constater et de traquer automatiquement les infractions à la circulation routière, afin de renforcer l’efficacité des contrôles et de limiter les comportements à risque. Les autorités préviennent que toute infraction constatée donnera lieu à l’application systématique des sanctions prévues par la réglementation en vigueur.
Ce durcissement traduit une évolution du dispositif public. La sensibilisation demeure nécessaire, mais elle ne suffit plus à elle seule à enrayer les comportements dangereux. Le recours aux outils électroniques doit permettre de réduire la dépendance aux contrôles ponctuels sur les axes routiers et d’améliorer la traçabilité des infractions.
Reste que la lutte contre l’insécurité routière ne peut se limiter aux campagnes saisonnières. Elle suppose aussi un contrôle plus strict de l’état technique des véhicules, une meilleure discipline des transporteurs, l’amélioration des infrastructures, le renouvellement progressif du parc automobile et une application constante des sanctions. À l’approche des vacances, le gouvernement espère que cette nouvelle campagne contribuera à réduire le nombre de victimes sur les routes camerounaises. Mais son efficacité dépendra surtout de la continuité des contrôles au-delà de la période de forte mobilité.



