(BFI) – La BEAC, institut d’émission des six pays de la CEMAC, a relevé ses principaux taux directeurs fin 2025, contribuant ainsi à renchérir le coût du refinancement des banques commerciales auprès de la Banque centrale.
Fin décembre 2025, le Gabon demeure le pays où le crédit bancaire est le plus coûteux de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Selon le rapport de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sur l’évolution des taux débiteurs au quatrième trimestre 2025, le taux effectif global (TEG) pratiqué par les banques gabonaises s’élève en moyenne à 21,06 %, soit près du double de la moyenne régionale (10,91 %).
L’écart avec le reste de la sous-région est important. À titre de comparaison, le Cameroun, principal marché bancaire de la CEMAC, affiche un coût moyen du crédit de 8,38 %, soit le plus faible de la zone. Autrement dit, emprunter à Libreville revient environ 2,5 fois plus cher qu’à Yaoundé. Les autres pays de la zone restent globalement proches de la moyenne régionale. Cette cherté du crédit touche aussi bien les ménages que les entreprises. Les particuliers gabonais ont emprunté à un taux moyen de 26,32 % au cours du quatrième trimestre 2025. Les grandes entreprises ont également supporté des coûts élevés, avec un taux moyen de 26,3 %. Au Cameroun, elles ont profité de financements à seulement 6,7 %.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Pour la BEAC, l’une des principales raisons réside dans la structure du marché bancaire. Alors que le secteur bancaire camerounais est caractérisé par une forte concurrence entre établissements de crédit, le marché gabonais apparaît beaucoup plus concentré, dominé par BGFIBank, qui détient 57,18 % des parts de marché. Les frais appliqués aux crédits contribuent également à renchérir leur coût. Au Gabon, ils représentent 43,16 % du coût total du crédit, contre 22,56 % au Cameroun. Ces frais s’ajoutent aux intérêts et augmentent le coût final pour les emprunteurs. Dans ce contexte, le Cameroun concentre près de 64 % des nouveaux crédits accordés dans la CEMAC au quatrième trimestre 2025, porté par des conditions de financement plus accessibles.
Malgré ce niveau encore élevé, le coût du crédit a reculé au Gabon sur la période considérée. En un an, il est passé de 26,04 % à 21,06 %. Cette baisse traduit une amélioration progressive des conditions de financement, même si les taux demeurent parmi les plus élevés de la zone.
Avec Ecofin




