(BFI) – Les autorités camerounaises sont de nouveaux rappelés à l’ordre par le Fonds monétaire international (FMI). A l’issue des consultations au titre de l’article IV achevé le 25 mars dernier, l’institution de Bretton Wood insiste sur la nécessité d’en finir avec les subventions aux carburants, malgré leur nette contraction ces dernières années. Une position constante depuis le programme économique et financier engagé en 2021 qui repose sur un même diagnostic ; ces dépenses pèsent sur l’équilibres budgétaires, exposent les finances publiques aux fluctuations des cours pétroliers et profitent peu aux ménages les plus vulnérables.
Dans son communiqué, le FMI observe que « les gains des recettes pétrolières devraient être particulièrement compensés par les subventions dans le cadre du régime des prix administrés » ajoutant que cette situation « souligne la nécessité d’adopter un mécanisme automatique de fixation de prix des carburants accompagné d’une assistance ciblée ».
Une réduction rapide mais jugée incomplète
Depuis 2023, le gouvernement camerounais a engagé un ajustement progressif. Les prix à la pompe ont été relevé à deux reprises, selon les données du ministère de l’eau et de l’énergie. Le litre du super est passé de 630 à 840 Fcfa entre janvier 2023 et février 2024, tandis que le gasoil est monté de 575 à 828 Fcfa. Dans le même temps, la charge budgétaire des subventions a fortement réculée d’environ 1000 milliards de Fcfa 2022 à 640 milliards de Fcfa en 2023, avec une prévision de 263,3 milliards de Fcfa en 2024 d’après les documents budgétaires.
Dans le projet de la loi de finances 2025, cette enveloppe a été ramené à 15 milliards de Fcfa. Une contraction de plus de 94% en un an. Malgré cette trajectoire, le FMI estime que l’ajustement a été inachevé. L’institution plaide pour un dispositif automatique de tarification afin d’éviter le retour des subventions implicites en cas de hausse des prix internationaux.
La démarche défendue à Yaoundé s’inscrit dans une approche plus large du FMI en Afrique centrale. Au Tchad, également engagé avec l’institution, les conclusions des dernières consultations reprennent des termes proches. Le FMI y indique que « la poursuite des réformes aux carburants demeure essentielle pour préserver la soutenabilité budgétaire » tout en appelant à « mettre en place des mécanismes de fixations des prix transparents et automatiques, accompagné des mesures d’atténuation pour les populations vulnérables ».




