(BFI) – La Direction générale des douanes (DGD) du Cameroun a collecté plus de 600 millions de Fcfa de droits et taxes sur les téléphones portables et terminaux numériques importés depuis la mise en place d’un système de contrôle électronique le 1er avril 2026. Ce montant dépasse de plus de 33 fois les 18 millions de Fcfa perçus dans ce secteur au cours de la même période au cours des 15 années précédentes, selon les chiffres publiés par l’administration douanière.
Ce dernier total marque une forte augmentation par rapport aux 200 millions de Fcfa enregistrés pour la semaine se terminant le 8 mai 2026, un chiffre présenté lors de la réunion hebdomadaire du comité de gestion de la DGD, qui s’est tenue à Yaoundé le 11 mai. Ce système a été mis en place afin de renforcer le recouvrement des droits de douane existants sur les appareils mobiles importés et d’améliorer la mobilisation des recettes grâce au suivi numérique des importations.
Les douaniers affirment que la réforme n’instaure pas de nouvelles taxes, mais numérise la perception des droits existants, une transition qu’ils décrivent comme un passage des frontières physiques aux frontières numériques. Le système exige des importateurs et des transitaires agréés qu’ils déclarent les téléphones portables, les tablettes et autres appareils connectés via le Système d’information douanière du Cameroun (CAMCIS), en utilisant le numéro IMEI (Identité internationale d’équipement mobile) de chaque appareil. Les données douanières ont précédemment montré que plus de 51 800 appareils avaient été déclarés au cours des premières semaines de mise en œuvre, après l’enregistrement d’environ 29 000 appareils durant les 17 premiers jours du programme.
Les autorités ont introduit cette réforme suite à la constatation d’une baisse continue des recettes douanières provenant des importations d’appareils numériques. Les estimations douanières indiquent que les recettes du secteur sont passées de près de 2 milliards de Fcfa par mois dans les années 2000 à environ 100 millions de Fcfa en 2025, principalement en raison de la contrebande, de la sous-déclaration et des circuits d’importation informels. Les autorités estiment que les recettes annuelles pourraient à terme atteindre 25 milliards de Fcfa, contre environ 1,3 milliard de Fcfa auparavant.
L’administration douanière a indiqué que la collaboration entre les institutions publiques et les acteurs du secteur privé impliqués dans la mise en œuvre du mécanisme se poursuit. Les mesures de surveillance contre la fraude et la contrebande sont maintenues, et les campagnes de sensibilisation auprès des importateurs, des détaillants et des consommateurs se poursuivent. Les commerçants sont incités à régulariser leurs stocks, et les consommateurs sont invités à vérifier le statut douanier des appareils sur les plateformes douanières officielles avant tout achat.




