(BFI) – Cinquante femmes entrepreneures et commerçantes de Douala ont reçu un total de 53 millions de Fcfa de microfinancement destiné à développer leurs entreprises et à soutenir l’emploi local. Ce financement, octroyé dans le cadre de la troisième phase du projet Asbbic, porté par l’Association des femmes entrepreneures et commerçantes du Cameroun (Asfeccam), a été réalisé en partenariat avec l’institution de microfinance Cepac Solidarité Cameroun.
Les bénéficiaires ont reçu des financements allant de 350 000 à 1 million de Fcfa. Les prêts sont remboursables sur une période différée de 12 mois, et les organisateurs qualifient le taux d’intérêt de modeste. Cette initiative a été menée sous le patronage conjoint du ministère de l’Autonomisation des femmes et de la Famille, du ministère du Commerce et du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat.
Selon les organisateurs, le programme vise à renforcer les activités génératrices de revenus des entreprises détenues par des femmes, tout en consolidant directement et indirectement près de 150 emplois locaux liés aux entreprises des bénéficiaires. Ce nouveau cycle de financement s’inscrit dans le cadre d’efforts plus larges visant à améliorer l’accès au capital pour les entreprises dirigées par des femmes au Cameroun.
En avril 2025, la Société financière internationale (SFI) et Afriland First Bank Cameroun ont annoncé un partenariat financier pouvant atteindre 60 millions de dollars américains, destiné à développer les prêts aux petites et moyennes entreprises, en particulier celles détenues et dirigées par des femmes.
D’après les données citées par la SFI et les autorités camerounaises, les femmes exploitent environ 38 % des entreprises du pays et dirigent 23 % des PME manufacturières. Cependant, l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles au développement des entreprises pour les entrepreneuses.
Lors de la cérémonie, la présidente nationale d’Asfeccam et d’Asbbic, Séphora Agwenjang Mbayieh épouse Foumi, a déclaré que le programme était conçu comme un investissement économique et non comme un dispositif d’aide sociale. Elle a expliqué que l’objectif était d’aider les femmes à consolider et développer leurs entreprises. « Ce projet n’est pas une aide sociale, mais un investissement à fort impact social », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’un meilleur accès au financement permet aux femmes entrepreneures de générer des retombées économiques plus importantes au sein de leurs communautés.
Les critères d’éligibilité comprenaient l’adhésion active à l’Asbbic, l’exercice d’une activité génératrice de revenus, la possession d’un local commercial, la traçabilité et une bonne réputation. Les organisateurs ont indiqué que ces critères visaient à garantir que le financement parvienne aux femmes déjà engagées dans une activité commerciale et capables de développer des entreprises viables. Le projet vise également à lever les obstacles de longue date à l’accès au crédit auxquels sont confrontées de nombreuses femmes entrepreneures.
Selon le comité d’organisation, le mécanisme de financement a été mis en place pour supprimer les freins qui continuent de limiter la croissance des projets menés par des femmes et pour contribuer à une économie plus inclusive dans laquelle les femmes jouent un rôle plus important dans le développement de l’activité économique.
Au-delà du financement, la cérémonie a été l’occasion de présenter le parcours entrepreneurial de Florence Yete, commerçante agroalimentaire du quartier du Bois des Singes, connue localement sous le nom de « Koweït ». Ayant bénéficié d’une des phases précédentes du programme, son expérience a été présentée comme un exemple de la façon dont l’accès au financement peut soutenir le développement des petites entreprises et renforcer la participation économique des femmes entrepreneures.
Elise Nguélé




