« 100 milliards de dollars sont nécessaires pour fournir un espace budgétaire à tous les pays afin de répondre aux besoins immédiats des filets de sécurité des populations » Véra Songwe

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Véra Songwe

(BFI) – La projection est contenue dans un rapport de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) sur la crise du coronavirus, intitulé “COVID-19 : Protéger les vies et les économies africaines”.

Le rapport de la commission intervient au moment où le continent déplore à ce jour plus de 20 000 personnes infectées et plus de 1000 morts.

Il s’agit pour la CEA de tirer la sonnette d’alarme sur l’impact négatif de cette crise sur les économies déjà en difficulté des pays africains. La commission qui estime par ailleurs que la croissance de ces économies ralentira de 3,2% à 1,8% dans le meilleur des cas, plongeant par la même occasion près de 27 millions de personnes dans l’extrême pauvreté.

Les économies des villes africaines frappées de plein fouet

Une attention particulière est ainsi attirée sur la vulnérabilité des économies des villes qui comptent 600 millions d’habitants et qui représentent plus de 50% du PIB de la région. En effet, « les villes africaines stimulent la consommation avec leur classe moyenne en croissance, les dépenses de consommation par habitant dans les grandes villes étant en moyenne 80% plus élevées au niveau de la ville qu’au niveau national. La baisse de la consommation urbaine liée au COVID-19 aura donc un impact sur les chaînes de valeur nationales», note le rapport.

À côté de ces effets sur la consommation, le rapport mentionne également les répercussions sur l’emploi pour souligner la vulnérabilité des entreprises et des commerces de ces villes vis-à-vis du Coronavirus. En particulier les PME qui représentent 80% des emplois en Afrique. La distanciation physique nécessaire pour contenir la pandémie ferait également partie de ces mesures qui “étouffent et noient l’activité économique”.

100 milliards de dollars pour sauver l’Afrique

Au vu de tout ceci, « Afin de protéger et contribuer à la prospérité partagée du continent, 100 milliards de dollars sont nécessaires pour fournir de manière urgente et immédiate un espace budgétaire à tous les pays afin de répondre aux besoins immédiats des filets de sécurité des populations », souligne Mme Vera Songwe, Vice-secrétaire générale de l’ONU et Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique.

Une aide d’autant plus nécessaire que le rapport note que les Petites et moyennes entreprises africaines risquent de fermer complètement en l’absence d’un soutien immédiat. Tout en sachant que le prix du pétrole, qui représente 40% des exportations africaines, a diminué de moitié et les principales exportations africaines comme les textiles et les fleurs fraîches coupées se sont effondrées. Le tourisme, qui représente jusqu’à 38% du PIB de certains pays africains, a effectivement cessé, tout comme l’industrie du transport aérien qui le soutient.

Seulement, le rapport recommande “d’être fermes et clairs sur la bonne gouvernance pour protéger nos systèmes de santé, assurer une bonne utilisation des fonds et empêcher nos entreprises de s’effondrer”.

Félix Victor Dévaloix

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