(BFI) – L’entreprise camerounaise Yellow Factoring, spécialisée dans la mobilisation de créances commerciales, affirme avoir mobilisé plus de 6 milliards de FCFA entre 2021 et 2026 au profit d’entreprises locales. Ce montant correspond aux créances cédées par ses clients pour obtenir des liquidités avant l’échéance de paiement de leurs factures. Ces données ont été communiquées à Douala lors d’une conférence consacrée aux mécanismes de financement des PME. D’après Angela Ngo Ndouga, directrice générale de Yellow Factoring, plus d’une centaine d’entreprises opérant dans plusieurs secteurs ont été financées via cette solution.
L’affacturage permet à une entreprise de céder ses créances à un établissement spécialisé, qui lui avance une partie des montants dus, avant de se faire rembourser à l’échéance par le client débiteur. Selon la dirigeante, Yellow Factoring s’appuie sur des partenaires financiers, notamment des fonds d’investissement étrangers et des banques locales, pour mobiliser les ressources nécessaires à cette activité. L’entreprise indique pouvoir décaisser jusqu’à 80% de la valeur d’une facture dans un délai maximal de trois jours, après vérifications. En contrepartie, elle prélève une commission de 2% sur le montant de la facture. Ce coût rémunère à la fois l’accès anticipé à la trésorerie et la couverture du risque attaché à l’opération, selon les explications fournies par la direction.
Yellow Factoring revendique aujourd’hui un portefeuille de plus d’une centaine de clients. L’entreprise précise par ailleurs disposer d’un capital de 300 millions de FCFA. Sa proposition s’adresse principalement aux sociétés confrontées à des délais de paiement longs et cherchant à financer leur cycle d’exploitation sans recourir à un crédit bancaire classique.
Au-delà du cas Yellow, le marché camerounais de l’affacturage reste encore limité. D’après les chiffres avancés par les acteurs du secteur, il serait dominé par deux banques commerciales, Bicec et Société Générale, pour un volume annuel estimé à 30 milliards de FCFA. En face, les besoins de financement à court terme des PME sont évalués à environ 800 milliards de FCFA. Cet écart illustre la faible pénétration de ce mécanisme dans l’économie locale, alors même que les PME représentent l’essentiel du tissu productif camerounais et restent exposées à des délais de règlement souvent longs. Dans ce contexte, l’affacturage apparaît comme un instrument de sécurisation de la trésorerie, de stabilisation du cycle d’exploitation et, potentiellement, d’appui à la croissance.
Pour structurer cette activité, le Cameroun s’est doté en mars 2014 d’un cadre légal spécifique. Mais pour que ce mode de financement change réellement d’échelle, les professionnels du secteur estiment qu’un renforcement des ressources disponibles demeure nécessaire, notamment à travers une implication plus marquée des banques et des investisseurs.
Avec Investir au Cameroun




