Vers une annulation de la dette extérieure du Cameroun

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(BFI) – A l’issue de la troisième session extraordinaire du Comité de pilotage (Copil) du Programme des réformes économiques et financières de la Cemac (Pref-Cemac), tenue le 28 mars 2020 à Brazzaville, au Congo, les ministres en charge de l’économie et des finances des pays de la sous-région (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) « ont recommandé aux États de négocier collectivement et d’obtenir pour tous les États, l’annulation de l’ensemble de leurs dettes extérieures ».

Si le Cameroun met en œuvre cette recommandation du Copil du Pref-Cemac et surtout que sa demande prospère, le pays pourrait ainsi faire annuler au moins 6 650 milliards de dettes extérieures, si l’on s’en tient au dernier pointage fait par le ministère des Finances dont le chiffre est légèrement différent des 6 671 milliards comptabilisés par le Comité national de la dette publique (CND). Sur ces 6 650 milliards, indique le Minfi, la dette concessionnelle est de 25,7%, celle non concessionnelle est de 57,6% et 16,7% constituent les appuis budgétaires.

Dans cette éventualité, le Cameroun se retrouverait alors juste avec une dette intérieure évaluée par le Minfi à 1 942 milliards de FCFA [1979 milliards selon le CND] et 0,4% de dette avalisée, soit 37 milliards de FCFA.

Au cours de la dernière décennie, la dette publique du Cameroun a connu une évolution haussière. En effet, explique le ministère des Finances, au 31 décembre 2019, l’encours de la dette publique et à garantie publique est estimé à 8 424 milliards de FCFA (8 650 milliards selon le CND) et représente environ 37,3% du PIB, contre 5 039 milliards de FCFA à fin 2015, soit 30% du PIB.

« Cette évolution observée sur les cinq dernières années (augmentation de 67,2%) s’explique principalement par les tirages effectués sur les avances statutaires accordées par les partenaires au développement (FMI, Banque mondiale, BAD et la France) dans le cadre du programme économique et financier signé avec le FMI, et l’accélération des travaux des grands projets d’infrastructures », explique le Minfi.

Omer Kamga

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