(BFI) – L’établissement de microfinance camerounais Renaprov Finance SA fera son entrée officielle à la cote de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) le 11 novembre 2026. Cette introduction, prévue au compartiment E-PME, a été autorisée par le Conseil d’administration de la bourse régionale réuni le 26 octobre 2026 à Douala.
Le comité d’admission et de développement de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) a autorisé, sous réserve de la non-opposition de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF), l’introduction en Bourse de Renaprov Finance le 11 novembre 2026 à 11 h. L’établissement camerounais de microfinance de deuxième catégorie fera son entrée sur le compartiment E-PME avec 58 919 actions au prix unitaire de 21 000 FCFA, soit une valeur totale de 1,237 milliard FCFA (2,1 millions $).
Dans le cadre de cette admission, la BVMAC a demandé à Renaprov Finance de recruter un Listing Sponsor agréé par la COSUMAF dans un délai de six mois à compter de la première cotation. Ce prestataire aura pour mission d’accompagner l’établissement dans le respect de ses obligations en tant que société cotée. La BVMAC a également encouragé l’établissement à conclure un contrat d’animation avec une ou plusieurs sociétés de bourse. Ce dispositif vise à favoriser les échanges sur le titre et à faciliter les transactions pour les investisseurs, notamment les particuliers.
Trois réserves lors du premier examen
Lors de sa 26e session ordinaire, tenue le lundi 26 octobre à Douala, le conseil d’administration de la BVMAC a donné son accord à la poursuite de l’introduction en Bourse de Renaprov Finance. Le 5 août 2026, sous la présidence d’Édouard Célestin Boboua Mimata, le comité d’admission et de développement avait décidé de « ne pas autoriser en l’état » cette opération. Trois points avaient motivé sa décision. Le premier concernait un litige foncier opposant l’établissement à Martin Joël Mbia Essama devant les juridictions camerounaises. Selon la BVMAC, une décision judiciaire défavorable à Renaprov pourrait porter atteinte à la crédibilité de l’émetteur et à la réputation du marché financier régional.
Le comité avait également demandé des clarifications sur l’agrément du commissaire aux comptes ayant certifié les états financiers présentés dans le cadre de l’opération. Les comptes concernés avaient été certifiés par le cabinet GECI, dirigé par l’expert-comptable Donatien Motokwa Wafo, inscrit au tableau de l’Ordre national des experts-comptables du Cameroun. Enfin, la BVMAC avait demandé de réexaminer le choix du compartiment de cotation, en envisageant une admission sur E-PME, destiné aux petites et moyennes entreprises.
Un dossier réexaminé après une première levée de fonds
Malgré ces réserves, la direction de Renaprov avait choisi de poursuivre les échanges avec la BVMAC. « Nous avons pris acte de la décision. Nous allons poursuivre sereinement la collaboration entamée dans le cadre de cette opération d’entrée en Bourse de Renaprov Finance S.A. », avait déclaré Jean Patient Tsala, chef de la division de la communication et des relations publiques de l’établissement.
Dans un communiqué publié le 30 septembre 2026, Renaprov Finance avait apporté des précisions sur le litige foncier, qui n’était pas mentionné dans son prospectus d’introduction en Bourse. L’établissement avait évalué à 55 millions de FCFA la valeur comptable du terrain contesté, estimant qu’une décision judiciaire défavorable « n’affecterait que très marginalement la situation patrimoniale de RENAPROV Finance SA ». La décision d’admission ne détaille toutefois pas les réponses apportées aux autres préoccupations soulevées lors du premier examen.
À l’issue de sa première opération de souscription, prolongée jusqu’au 15 mai 2026, Renaprov avait mobilisé 1,092 milliard de FCFA, soit environ 13 % des 8,4 milliards de FCFA recherchés. Ce montant correspond à 52 019 actions souscrites au prix unitaire de 21 000 FCFA. La nouvelle opération porte sur 58 919 actions, pour une valeur totale de 1,237 milliard FCFA, au même prix unitaire. L’écart entre les deux volumes représente 6900 actions supplémentaires, soit 144,9 millions FCFA.
Fondée par le révérend pasteur Emmanuel Noël Bissaï, la microfinance avait ouvert sa souscription publique le 15 décembre 2025. Elle proposait alors 400 000 nouvelles actions à 21 000 FCFA l’unité, représentant 44,44 % du capital après l’opération, afin de renforcer ses fonds propres et de financer son expansion.




