(BFI) – Nouakchott accueille, les 13 et 14 juillet, l’un des rendez-vous les plus importants de l’année consacré au financement de la santé et au développement de l’industrie pharmaceutique en Afrique. Organisé par le Centre islamique pour le développement du commerce (CIDC), organe de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) chargé de la promotion du commerce et des investissements entre les États membres et basé à Casablanca, en partenariat avec le ministère mauritanien de la Santé et l’Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie (APIM), le Regional Health Invest Forum entend faire de l’investissement un levier de souveraineté sanitaire pour le continent.
Cette première édition connaît déjà un succès remarquable. Plus de 700 participants sont inscrits sur la plateforme officielle du forum. Ministres de la Santé, hauts responsables gouvernementaux, dirigeants d’institutions financières internationales, experts, investisseurs, représentants de banques de développement, groupes pharmaceutiques, industriels, leaders de la distribution pharmaceutique, assureurs, entrepreneurs et organisations internationales convergent vers la capitale mauritanienne.
Le forum prend une dimension internationale avec la présence, à Nouakchott depuis le 12 juillet, du Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), arrivé à la tête d’une importante délégation. Sa participation illustre l’intérêt croissant des grandes institutions internationales pour les enjeux de souveraineté sanitaire, de production pharmaceutique locale et de financement des systèmes de santé en Afrique.
Placée sous le thème « Renforcer le commerce et l’investissement intra-OCI dans le secteur pharmaceutique : de la stratégie à l’action », cette rencontre vise à transformer les ambitions en projets concrets. Au-delà des débats, le forum veut favoriser la conclusion de partenariats, la mobilisation de financements et le développement d’investissements structurants dans l’ensemble de la chaîne de valeur de la santé.
Pour Latifa El Bouabdellaoui, Directrice générale du Centre islamique pour le développement du commerce (CIDC), l’ambition est de créer de véritables convergences entre les politiques publiques, les investisseurs, les industriels et les partenaires techniques et financiers. Il s’agit de favoriser l’émergence d’un écosystème pharmaceutique régional capable de mobiliser les investissements nécessaires, d’encourager les transferts de technologies, de développer les capacités de production locale et de réduire la dépendance des pays africains aux importations de médicaments, de vaccins et d’équipements médicaux.
Cette vision répond aux enseignements tirés de la pandémie de Covid-19, qui a mis en évidence la fragilité des chaînes mondiales d’approvisionnement et la nécessité pour l’Afrique de renforcer sa souveraineté sanitaire. Désormais, la santé n’est plus seulement un enjeu social ; elle devient un secteur stratégique d’investissement, d’industrialisation, d’innovation et de création d’emplois.
Les travaux porteront notamment sur le financement des infrastructures hospitalières, la production locale de médicaments, les technologies médicales, la digitalisation des systèmes de santé, les partenariats public-privé, les mécanismes innovants de financement, ainsi que l’intégration des marchés pharmaceutiques africains et ceux des pays membres de l’OCI.
Pour la Mauritanie, ce forum constitue également une vitrine de son ambition de devenir une plateforme régionale entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique du Nord et le monde islamique. Après avoir accueilli plusieurs rencontres économiques d’envergure, Nouakchott confirme sa montée en puissance comme lieu de dialogue entre décideurs publics, investisseurs et institutions internationales.
Pendant deux jours, la capitale mauritanienne sera ainsi le théâtre d’une réflexion de haut niveau sur l’avenir de l’économie de la santé en Afrique. Plus qu’un forum, le Regional Health Invest Forum se veut un catalyseur de projets et d’investissements, avec une conviction forte : la souveraineté sanitaire du continent passera par la convergence des politiques publiques, des capitaux privés et de l’innovation industrielle



