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Malabo veut s’attaquer aux taxes illégales à la frontière avec le Cameroun

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Selon les autorités équato-guinéennes, ces pratiques ont suscité l’indignation du Chef de l’État. Le Vice-président de la République Équato-guinéenne, Théodoro Obiang Nguema Mangue, a relayé cette position lors d’une réunion gouvernementale tenue le 9 mars 2026. D’après les propos rapportés lors de cette rencontre officielle, les usagers venant du Cameroun seraient contraints de payer des taxes sur les produits achetés de l’autre côté de la frontière. Une situation jugée incompatible avec les engagements pris les États de la Cemac en matière d’intégration économique » souligne le gouvernement Équato-guinéen.

Pour faire cesser ces pratiques, le gouvernement Équato-guinéen a décidé de mettre en place une commission chargée d’enquêter sur les montants perçus, d’identifier les administrations impliquées et de dresser la liste des personnes, civils ou militaires, soupçonnées d’avoir participer à ces prélèvements. Les autorités ont également annoncé la préparation des circulaires destinées à être afficher aux points de passage frontaliers afin d’informer clairement les usagers sur les produits réellement soumis à l’impôt et ceux qui doivent circuler librement entre les États membres. A l’issue de la réunion, Théodoro Obiang Nguema Mangue a insisté sur la nécessité d’agir rapidement pour mettre fin à une pratique qui, selon lui, porte atteinte à l’image du pays et pénalise les citoyens de la sous-région.

Cette initiative intervient dans un contexte où la libre circulation des marchandises demeure l’un des objectifs centraux de la Cemac. Le traité communautaire prévoit la constitution d’un marché commun fondé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. Dans ce dispositif, l’Union douanière constitue un pilier essentiel. Les produits originaires de la sous-région sont sensés circuler entre les États membres sans droits de douanes internes. Une marchandise produite où transformé dans l’un des pays de la communauté doit pouvoir être vendu dans les autres pays sans taxation supplémentaire aux frontières.

Les importations provenant des pays extérieurs à la Cemac sont pour leur part soumis à un tarif extérieur commun appliquée par l’ensemble des États membres. Ce tarif harmonisé fixe les droits de douane aux frontières extérieures de la communauté et vise à éviter que les marchandises soient taxées plusieurs fois lorsqu’elles circulent à l’intérieur de l’espace Cemac. Dans la pratique toutefois, ce cadre juridique reste imparfaitement appliqué. Plusieurs analyses économiques et études régionales signalent la persistance des barrières non tarifaires, tels que les contrôles routiers multiples, les procédures administratives lourdes ou encore les prélèvements informels. Ces obstacles renchérissent le coût de transport des marchandises et compliquent la circulation des produits à l’intérieur de la région.

La double taxation des marchandises constitue l’une des difficultés les plus fréquemment signalées par les opérateurs économiques. Des produits déjà importés et dédouanés dans un pays membre se retrouvent parfois taxés de nouveau lors du passage dans un autre État de la communauté, en contradiction avec les règles de l’union douanière. Les effets de ces dysfonctionnements se reflètent dans la faiblesse du commerce intra-régional. Selon les données de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) citées dans plusieurs analyses économiques, les échanges entre pays de la Cemac ne représentaient qu’environ 3,5% du commerce total de la région en 2019.

Antoine Mboussi

Rédaction
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