(BFI) – Deux appels d’offres lancés en Espagne dans le cadre d’un programme financé par l’Union européenne prévoient une enveloppe de 8,73 milliards de Fcfa (13,314 millions d’euros) pour renforcer les capacités de surveillance et de patrouille maritimes du Cameroun dans le golfe de Guinée.
Ces procédures, gérées par la Fondation internationale et ibéro-américaine pour l’administration et les politiques publiques (FIAP), portent sur un service de surveillance aérienne et sur la construction d’un patrouilleur léger pour la marine camerounaise. Le premier contrat, référencé SPD-2026-036, concerne des services de surveillance maritime assurés par un aéronef équipé et doté d’un équipage. Sa valeur estimée est de 9,228 millions d’euros hors taxes (soit environ 6,05 milliards de Fcfa) pour une durée de 18 mois.
La date limite de dépôt des offres était fixée au 18 août 2026, avec une ouverture prévue le 4 septembre. Au 22 septembre, les documents publics européens consultés ne mentionnaient ni le prestataire retenu ni le montant final du contrat. Ce contrat n’implique pas l’acquisition de l’aéronef par le Cameroun ; le prestataire sélectionné doit fournir l’appareil, les équipements et le personnel nécessaires à la mission de surveillance.
Les critères d’évaluation incluent le prix, les délais de déploiement des capacités initiales et opérationnelles complètes, la qualité de l’offre technique ainsi que les mesures garantissant la continuité du service. L’objectif est de contribuer à l’établissement d’une « situation maritime reconnue » (Recognized Maritime Picture), offrant une vue consolidée de l’activité maritime dans le golfe de Guinée. En vertu d’une décision adoptée par le Conseil de l’Union européenne en novembre 2023, le Centre national des opérations maritimes de la marine camerounaise, basé à Douala, recevra les informations issues des opérations de surveillance aérienne, les traitera et les partagera avec les autres centres du dispositif de l’Architecture de Yaoundé.
Patrouilleur de 2,68 milliards de Fcfa
Le second appel d’offres, SPD-2026-040, porte sur la conception, la construction et la livraison d’un patrouilleur léger de surveillance maritime au Cameroun. Le contrat est estimé à 4,086 millions d’euros hors taxes (soit environ 2,68 milliards de francs CFA). La période de soumission court jusqu’au 28 septembre 2026 et la durée prévue du contrat est de 15 mois. Le navire doit mesurer entre 22 et 30 mètres et présenter un déplacement lège de 50 à 90 tonnes. Propulsé par deux moteurs diesel, il doit atteindre une vitesse maximale comprise entre 20 et 30 nœuds et disposer d’une autonomie de 800 à 900 milles marins. Il doit également être en mesure de prendre la mer dans un délai de 30 minutes. Le navire soutiendra les activités de surveillance maritime, les opérations de lutte contre la piraterie, les efforts contre les trafics et la pêche illégale, les missions de recherche et de sauvetage, ainsi que la protection des infrastructures maritimes. Le contrat inclut aussi la formation du personnel et la livraison du navire au Cameroun.
Deux contrats représentent 63 % de l’enveloppe de l’UE
Au total, la valeur estimée de ces deux appels d’offres s’élève à 13,314 millions d’euros, soit 63,4 % des 21 millions d’euros mobilisés par l’Union européenne en novembre 2023 via la Facilité européenne pour la paix au profit de l’Architecture de Yaoundé, du Cameroun et du Ghana.
L’enveloppe globale de 21 millions d’euros n’est donc pas exclusivement destinée au Cameroun. L’initiative de l’UE prévoit des services de renseignement, de surveillance et de reconnaissance aérienne pour l’Architecture de Yaoundé, ainsi que des équipements non létaux pour les marines camerounaise et ghanéenne. Pour le Cameroun en particulier, le programme comprend des mesures visant à renforcer les capacités de patrouille maritime.
Omer Kamga




