(BFI) – Les soldes budgétaires sont soumis à rude épreuve en zone CEMAC. Selon les derniers indicateurs de la Banque mondiale, ils devraient certes observer une accalmie avec une stabilité en 2025 à -1,3% du PIB, mais avec une détérioration attendue au Cameroun et en Guinée équatoriale. En 2024, ils étaient été déjà détériorés en raison de la baisse des prix du pétrole et du recul des recettes tirées des matières premières, ainsi que de l’augmentation des dépenses budgétaires dans l’ensemble des Etats membres de la CEMAC et ils devraient se détériorer davantage en 2025.
Cette évolution a maintenu le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine en situation de déficit budgétaire. Elle a également fait basculer la Guinée équatoriale et le Gabon dans le déficit, tandis que le Congo a conservé un excédent budgétaire, selon les estimations.
En moyenne, le solde budgétaire de la CEMAC devrait rester stable en 2025 à -1,3% du PIB, avec une détérioration attendue au Cameroun et en Guinée équatoriale. Le ratio dépenses publiques/ PIB devrait augmenter dans la CEMAC pour atteindre une moyenne de 20,2% du PIB en 2025, contre 19,8% en 2024. Les recettes moyennes devraient augmenter à un rythme plus lent, passant de 18,6 pour cent du PIB en 2024 à 18,8% du PIB en 2025, grâce à une augmentation des recettes non liées aux ressources naturelles.
En 2024, le ratio moyen dette/PIB dans la CEMAC est resté élevé à 52,5% et devrait baisser à 52,2% en 2025, avec des augmentations attendues au Cameroun, au Tchad et, dans une moindre mesure, au Gabon et en Guinée équatoriale. En 2024, les niveaux d’endettement estimés au Congo (93,5% du PIB) et au Gabon (74,7% du PIB), étaient déjà supérieure au seuil de convergence régionale de 70% du PIB, une tendance qui devrait se poursuivre en 2025. La marge de manœuvre budgétaire et les liquidités restent serrées dans la CEMAC, ce qui limite la capacité de la région à absorber de nouveaux chocs économiques et à gérer efficacement la dette publique.
Les pays de la CEMAC continuent d’éprouver de grandes difficultés en matière de recouvrement des recettes fiscales, avec des recettes fiscales moyennes inférieures au seuil de 15% du PIB, généralement considéré comme nécessaire pour financer les services publics de base. Ce défi est aggravé par la forte dépendance à l’égard de recettes tirées des ressources naturelles, qui sont très volatiles, ce qui souligne l’urgence de l’adoption de politiques visant à renforcer la gestion des finances publiques à travers la région.
Félix Victor Devalloix




