(BFI) – L’administration douanière du Cameroun a étendu sa campagne nationale de sensibilisation contre la contrebande de boissons et de produits congelés à la région de l’Extrême-Nord, qui a concentré 49,4 % des importations informelles du pays en 2024.
Les services du Gouverneur de la Région de l’Extrême-Nord ont servi de cadre ce lundi 14 septembre 2026 à la présentation officielle de l’équipe de mission de la campagne de sensibilisation sur la lutte contre la fraude et la contrebande des boissons et des produits surgelés. Reçue par le Secrétaire Général des services du Gouverneur, Evariste Atangana Zoa, cette délégation entame une série d’actions décisives pour assainir le marché local, protéger les consommateurs et accroître les recettes douanières. Elle mobilisera les commerçants, les responsables administratifs et les autres acteurs de la chaîne commerciale autour de mesures visant à endiguer la fraude et la contrebande. Selon la Direction générale des douanes, cette campagne vise à protéger les consommateurs contre les produits dangereux ou issus de circuits illicites, à préserver les entreprises opérant en toute légalité et à accroître les recettes douanières.
La délégation a été reçue au gouvernorat par le secrétaire général, Evariste Zoa Atangana. Après avoir pris connaissance des objectifs et de la composition de l’équipe, il a assuré celle-ci du soutien des autorités administratives tout au long de ses activités dans la région. L’inspecteur général des services du gouverneur devrait présider la principale séance de sensibilisation.
L’Extrême-Nord domine les flux d’importations informelles
La campagne se déploie dans une région qui a représenté la plus grande part des importations informelles du Cameroun en 2024. Les données de l’Institut national de la statistique (INS) indiquent que l’Extrême-Nord a compté pour 49,4 % des importations informelles enregistrées cette année-là, tandis que la région du Nord en représentait 20,8 %. À elles deux, ces régions ont totalisé 70,2 % des importations informelles.
Le Nigeria figure parmi les principales sources de ces flux traversant les frontières septentrionales du Cameroun. Les carburants et lubrifiants ont constitué la catégorie la plus importante des importations informelles en 2024, représentant 22,1 % du total, suivis par les animaux vivants (14,6 %). Le Cameroun a enregistré un déficit de 50,7 milliards de Fcfa lié au commerce transfrontalier informel en 2024. Ce déficit s’est creusé par rapport aux 44,6 milliards de Fcfa observés en 2023, tout en restant inférieur aux 71,8 milliards de Fcfa enregistrés en 2022. À lui seul, le commerce informel avec le Nigeria a généré un déficit de 111,73 milliards de Fcfa en 2024.
L’INS attribue ce déséquilibre à la longueur et à la porosité de la frontière, à la taille de l’économie nigériane, à la dépréciation du naira ainsi qu’à la compétitivité-prix des produits nigérians. Les données de l’INS indiquent également que le carburant, les chaussures, l’eau et les matériaux de construction figurent parmi les produits entrant au Cameroun via le commerce informel avec le Nigeria.
Le volet de la campagne douanière mené à Maroua s’inscrit dans une initiative nationale plus large, lancée fin août, visant à endiguer le commerce non déclaré de boissons, de produits congelés et d’autres marchandises sensibles.
Christian Trésor Adong




