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Les capitaux étrangers contrôlent 31 sur 54 banques de la Cemac à fin 2025

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Le nombre de banques contrôlées majoritairement par des capitaux étrangers dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est passé de 38 à 31 en un an. Selon le rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), publié le 22 octobre, la CEMAC comptait 54 banques en activité à fin décembre 2025, contre 56 un an plus tôt. Les établissements à capitaux étrangers représentaient ainsi 57,4 % du total, contre 67,9 % en 2024. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de cessions d’activités, de changements de contrôle et de rapprochements entre établissements bancaires.

Parallèlement, le nombre de banques à capitaux privés nationaux est passé de six à dix, tandis que celui des établissements à capitaux publics a progressé de douze à treize. Au total, les banques à capitaux nationaux représentaient 42,6 % du secteur à fin 2025, contre 32,1 % un an auparavant. Malgré cette progression, les capitaux étrangers demeurent majoritaires en nombre d’établissements. Les chiffres de la COBAC ne permettent toutefois pas de mesurer leur poids respectif dans les actifs, les dépôts ou les crédits de la sous-région.

Les cessions et les changements d’actionnaires redessinent le secteur

Au Cameroun, le groupe Société Générale a conclu en juillet 2025 un accord avec l’État portant sur la cession des 58,08 % qu’il détenait dans le capital de sa filiale locale. Validée par la COBAC, l’opération a porté la participation publique à 83,68 %, contre 25,6 % auparavant.

Le marché camerounais a également connu la cession des activités bancaires de Standard Chartered au groupe nigérian Access Bank. Finalisée en décembre 2025, cette opération a modifié l’actionnariat de la banque sans augmenter le nombre d’établissements à capitaux nationaux dans la CEMAC. Access Bank étant un groupe nigérian, il reste classé parmi les acteurs étrangers.

Au Congo, la fusion-absorption de Société Générale Congo par BGFIBank Congo a entraîné la disparition d’une entité bancaire distincte et renforcé la position du groupe BGFIBank, originaire du Gabon. En Guinée équatoriale, Vista a finalisé la reprise de Société Générale de Banques en Guinée équatoriale, après un accord initial conclu en 2023.

Ces opérations sont de nature différente : certaines correspondent à une reprise par un acteur national, d’autres à l’arrivée d’un groupe panafricain ou à une fusion entre établissements. La baisse du nombre de banques à capitaux étrangers ne signifie donc pas systématiquement une hausse du contrôle national. Tout dépend de l’identité de l’acquéreur et de la classification retenue par la COBAC.

Un secteur rentable, mais exposé aux risques

Les banques de la CEMAC ont enregistré des résultats en hausse en 2025. Leur bénéfice net cumulé a atteint 524 milliards FCFA (896 millions $), contre 449,8 milliards FCFA en 2024, soit une progression de 16,4 %. Le produit net bancaire, qui mesure la contribution des activités bancaires aux résultats des établissements, s’est établi à 1723 milliards, en hausse de 12,5 %.

Le total du bilan a progressé de 10,3 %, à 27 536 milliards. Les dépôts de la clientèle ont augmenté de 5,9 %, à 19 065 milliards, tandis que les crédits bruts ont atteint 13 998 milliards FCFA, en hausse de 12 %.

Ces performances s’accompagnent néanmoins de risques persistants. Les créances brutes en souffrance ont progressé de 10,9 %, à 2244 milliards, représentant environ 16 % des crédits bruts à la clientèle. Dans le même temps, l’exposition des banques aux États, sous forme de crédits directs et de titres publics, a atteint 10 641 milliards FCFA, en augmentation de 19,9 % sur un an.

Ces changements d’actionnaires soulèvent la question de la capacité des nouveaux propriétaires à maintenir le financement de l’économie, à renforcer les fonds propres et à maîtriser les risques. La nationalité du capital ne suffit pas à déterminer la solidité d’un établissement, qui dépend aussi de sa gouvernance, de ses ressources, de sa gestion des risques et de sa capacité à financer durablement les entreprises et les ménages.

Rédaction
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