(BFI) – Le ministère de l’Élevage, de la Pêche et des Industries animales (MINEPIA) et l’Autorité portuaire de Kribi (PAK) ont signé un accord de partenariat visant à accélérer le développement de l’aquaculture dans la zone industrielle portuaire de Kribi (KPIZ), créant ainsi de nouvelles opportunités d’investissement et soutenant la stratégie du Cameroun pour réduire sa dépendance aux importations de poisson.
L’accord a été signé en marge du Salon interprofessionnel de l’aquaculture (SIAC) 2026, au complexe sportif polyvalent de Yaoundé, par le ministre de l’Élevage, de la Pêche et des Industries animales, le Dr Taïga, et le directeur général de l’Autorité portuaire de Kribi, Patrice Melom. Ce partenariat vise à fournir l’infrastructure et le soutien institutionnel nécessaires au développement de la production aquacole et au renforcement de la filière halieutique nationale.
Aux termes de cet accord, la PAK s’engage à identifier et à attribuer 10 parcelles au sein de la zone industrielle portuaire de Kribi aux investisseurs et aux exploitants aquacoles. L’autorité portuaire facilitera également l’accès aux services portuaires essentiels afin de permettre aux entreprises de s’implanter et d’opérer efficacement. Cette initiative vise à soutenir les investisseurs tout en structurant la croissance de l’aquaculture dans le cadre de la politique de substitution aux importations du Cameroun.
Selon le MINEPIA, ce partenariat intervient alors que le Cameroun intensifie ses efforts pour améliorer son autosuffisance alimentaire et réduire sa dépendance aux importations de poisson. Les autorités affirment que cet accord reflète une ambition commune : transformer l’aquaculture en une industrie moderne et compétitive, capable de créer des emplois et de contribuer au développement du territoire.
En amont du SIAC 2026, le Dr Taïga a déclaré que le salon avait pour objectif de réunir les producteurs, les vendeurs, les acteurs du secteur financier et les autres parties prenantes afin de promouvoir la production locale et l’innovation dans le secteur piscicole. Le ministre a indiqué que la production locale montrait déjà des signes de progrès et que le salon serait l’occasion de présenter les avancées réalisées dans le secteur. « Nous devons agir très vite. Nous devons développer la production locale car le poisson se vend bien et est largement consommé », a déclaré le Dr Taïga, soulignant l’importance d’accélérer la production locale pour répondre à la demande croissante.
L’exposition de six jours, organisée par l’Organisation interprofessionnelle pour le développement de l’aquaculture au Cameroun (OIDAC) du 1er au 6 juin, se tient sous le thème : « Politiques et stratégies de développement de l’aquaculture au Cameroun : leviers nationaux de développement économique, social et technologique du territoire ». Parmi les participants figurent des acteurs du Cameroun et de plusieurs pays étrangers, dont le Maroc et l’Égypte. Cet événement s’inscrit dans le cadre du Plan intégré agro-pastoral et halieutique de substitution aux importations (PIISAH), qui privilégie la production de poisson et de lait.
Le SIAC devrait faciliter les partenariats entre producteurs et investisseurs potentiels, tout en mettant en lumière les opportunités commerciales tout au long de la chaîne de valeur aquacole. Les mesures incitatives gouvernementales visant à attirer les investissements dans le secteur ont également été présentées lors des préparatifs de l’exposition. Il s’agit notamment d’exonérations de droits de douane sur les équipements aquacoles importés et de la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur certains investissements. « Le gouvernement met en place des dispositifs pour encourager des investissements massifs dans ce secteur. Par le biais de la Banque camerounaise des PME, 5 milliards de Fcfa ont été débloqués en 2025, tandis que 6,5 milliards de Fcfa peuvent être mobilisés dès cette année par les producteurs pour financer leurs activités », a déclaré le Dr Taïga.
Pour les décideurs politiques et les acteurs de la filière, l’accord signé entre le MINEPIA et PAK représente une avancée concrète vers le renforcement des infrastructures industrielles, des financements et des capacités de production, alors que le Cameroun cherche à accroître sa production nationale de poisson et à consolider la contribution économique de l’aquaculture.
Christian Trésor Adong




