(BFI) – L’autorité de régulation maritime du Nigeria a dévoilé un programme visant à développer de jeunes entreprises et des solutions technologiques pour l’économie bleue du pays, tout en sollicitant la participation du secteur privé pour transformer ces projets en entreprises attractives pour les investisseurs.
La Nigerian Maritime Administration and Safety Agency (NIMASA) a lancé le programme d’accélération pour l’économie bleue (NIMASA-BEAP) ainsi qu’un hackathon national de l’innovation à Lagos, le 16 septembre 2026. Ce programme a pour objectif d’offrir aux jeunes Nigérians et aux entreprises innovantes un parcours structuré, allant de l’élaboration d’idées à la création d’entreprises capables de relever les défis de la chaîne de valeur maritime et de l’économie bleue.
L’initiative comprendra une phase de candidature et de sélection, un hackathon national en décembre et un programme d’accélération de 12 semaines au cours du premier trimestre 2027. Les participants devront présenter leurs solutions à des investisseurs, des acteurs du secteur et des partenaires potentiels lors d’une journée de démonstration nationale (« National Demo Day ») prévue au deuxième trimestre 2027. Les inscriptions seront ouvertes du 5 octobre au 13 novembre. La NIMASA procédera aux évaluations et aux vérifications préalables (« due diligence ») du 16 novembre au 2 décembre, avant la tenue du hackathon national de l’innovation, du 8 au 10 décembre. Le programme est ouvert aux Nigérians âgés de 18 à 28 ans. La NIMASA sollicite également la participation de banques commerciales, d’institutions de financement du développement et d’entreprises maritimes, via des investissements, du mentorat et des partenariats.
Des représentants de banques, d’armateurs et d’autres entreprises du secteur maritime ont pris part aux discussions lors du lancement du 16 septembre, selon le ministère fédéral de l’Information et de l’Orientation nationale. La NIMASA n’a annoncé aucune allocation de financement direct pour les entreprises participantes. Le programme est plutôt structuré autour du développement des entreprises et de leur mise en relation avec des sources potentielles de capitaux privés et de soutien industriel. Cette initiative cible un secteur qui gère une part importante du commerce international du Nigeria.
En février, le ministre de l’Économie maritime et bleue, Adegboyega Oyetola, a déclaré que les ports, le transport maritime, les voies navigables intérieures, la pêche et l’aquaculture représentaient collectivement plus de 90 % du commerce international du Nigeria en volume. Lors du lancement du 16 septembre, le directeur général de la NIMASA, Dayo Mobereola, a souligné que les entreprises nigérianes ne captaient qu’une faible part de l’activité économique liée au secteur maritime du pays. Il a déclaré que le Nigeria capte « moins de 3 % de la valeur transitant par ses propres eaux », présentant cet écart comme une opportunité pour une participation nationale accrue. Ce programme d’accélération cible des domaines tels que les technologies maritimes, la logistique, les services de transport maritime et d’autres activités liées à la chaîne de valeur maritime au sens large. La NIMASA avait annoncé le lancement de ce programme plus tôt en 2026, dans le but d’identifier et de développer des startups capables de relever les défis et de saisir les opportunités de l’écosystème maritime nigérian.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement fédéral de développer l’économie maritime et l’économie bleue dans le cadre de sa stratégie globale de diversification économique. Le secteur englobe les ports et le transport maritime, ainsi que les voies navigables intérieures, la pêche, l’aquaculture et d’autres activités liées aux ressources marines du Nigeria. Le programme s’inscrit également dans une dynamique plus large visant à renforcer le rôle des jeunes entreprises dans l’économie bleue africaine. Un programme du PNUD lancé en juillet 2026, destiné aux entreprises de l’économie bleue dirigées par des jeunes et des femmes, avait de même identifié l’accès au financement, la préparation à l’investissement, l’accès au marché et le développement commercial comme des obstacles à une participation accrue aux activités à plus forte valeur ajoutée.
Placide Onguéné




