(BFI) – C’est un projet d’une envergure historique pour la capitale économique. La cérémonie de pose de la première pierre du Kempinski Shekinah Palace s’est déroulée ce vendredi 25 septembre 2026 dans le quartier administratif de Bonanjo à Douala, sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Porté par l’homme d’affaires camerounais Rodolphe Simo Kam via son groupe All Luxury Suites Group (ALS Group), ce futur complexe 5 étoiles représente un investissement colossal de 220 milliards de FCFA. Le chantier, prévu pour durer 36 mois, vise une ouverture à l’horizon 2029
C’est un chantier hors norme qui s’ouvre à Douala. Dans le quartier de Bonanjo, siège des administrations et des sièges sociaux de la capitale économique du Cameroun, All Luxury Suites Group (ALS Group) doit poser ce vendredi 25 septembre 2026 la première pierre du Kempinski Shekinah Palace. Développé sur un site de près de deux hectares à proximité de la zone portuaire, le projet affiche des caractéristiques impressionnantes. Avec 214 chambres, 35 appartements, 17 000 m² de bureaux et une salle de 2 000 places, le projet marque un saut de taille pour l’hôtellerie d’Afrique centrale. Il est chiffré à 220 milliards de FCFA, soit environ 335 millions d’euros.
Le projet renforce l’offre d’accueil pour les investisseurs, les délégations internationales et le tourisme d’affaires dans la capitale économique. La phase de construction (confiée à China Machinery Engineering Corporation) et l’exploitation future génèrent des activités induites pour les PME locales, les services, et la création d’emplois directs et indirects.
Le chantier devrait générer environ 3 000 emplois pendant les travaux, puis 4 000 emplois directs et indirects à terme. Une école internationale de formation aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie est également prévue. Le projet s’inscrit dans l’ambition nationale de faire du tourisme un levier de diversification économique et, pour son promoteur, de contribuer à faire du Cameroun une véritable « mine d’or touristique ».
Pour concrétiser cette infrastructure, le promoteur s’est entouré de grands bailleurs de fonds. La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) participe à hauteur de 30 milliards de FCFA, aux côtés d’autres institutions de premier plan comme Afreximbank et BGFI Bank. La gestion de la partie hôtelière a été confiée à la prestigieuse enseigne internationale Kempinski Hotels.
Cette ambition appelle notamment : l’accroissement et la modernisation des capacités d’hébergement, l’amélioration de la qualité des services, la valorisation des sites et des patrimoines culturels, ainsi que le développement d’une offre diversifiée capable d’attirer une clientèle nationale et internationale de plus en plus exigeante. À cet égard, l’objectif d’accueillir à terme au moins 3,5 millions de touristes par an ne saurait être appréhendé comme une simple ambition quantitative. Il traduit surtout la volonté de faire du tourisme un véritable moteur de croissance, un pourvoyeur d’emplois et un instrument de développement des territoires.
En effet, le tourisme possède cette vertu particulière d’irriguer de nombreux autres secteurs de l’économie. Il soutient l’agriculture et l’agroalimentaire, il stimule l’artisanat et les industries culturelles, il favorise les transports, dynamise le commerce et les services et surtout, crée des débouchés pour les entreprises locales. Investir dans le tourisme, c’est donc investir dans tout un écosystème économique. C’est aussi créer des conditions pour que les territoires puissent mieux valoriser leurs atouts, attirer des capitaux, développer leurs infrastructures et offrir davantage de perspectives professionnelles à la jeunesse.
Pour le gouvernement camerounais, cette ambition ne peut toutefois être portée par l’État seul. Le développement économique auquel aspire le Cameroun suppose une implication accrue du secteur privé, appelé à jouer pleinement leur rôle de moteur de l’investissement, de l’innovation et de la création d’emplois. À la puissance publique revient la responsabilité de définir le cap, de créer un environnement favorable à l’investissement, de mettre en place des infrastructures structurantes et de garantir un cadre juridique et institutionnel propice aux affaires. Aux entreprises revient la responsabilité de prendre des initiatives, d’investir, d’innover, de développer les chaînes de valeur et de transformer les opportunités offertes par l’économie en activités productives. « C’est de cette convergence entre l’action publique et l’initiative privée que naissent les transformations économiques durables auxquelles aspirent nos populations » a indiqué le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Chief Dr Joseph Dion Gute. « À l’heure où s’engage ce chantier, il nous appartient désormais d’en assurer collectivement la réussite. J’invite à cet effet les administrations concernées, les collectivités territoriales décentralisées, les promoteurs et l’ensemble des partenaires du projet à maintenir une concertation étroite afin que les travaux soient conduits dans le respect des délais, des normes techniques et des exigences de qualité qui s’attachent à un investissement de cette envergure » a-t-il continué.
Le Gouvernement garantie ainsi pleinement sa participation en veillant, dans le respect de la réglementation en vigueur, à la célérité des procédures relevant de sa compétence et à la levée autant que possible des contraintes susceptibles d’entraver la bonne exécution du projet. Une attention particulière sera à cet égard accordée à la réalisation des infrastructures d’accompagnement nécessaires, notamment en matière d’assainissement, d’accessibilité, d’alimentation en énergie et en eau, ainsi que de connectivité aux technologies de l’information et de la communication.
André Noir




