(BFI) – Le Japon a débloqué environ 393,6 millions de Fcfa en faveur du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies afin de fournir une aide alimentaire d’urgence à 22 600 personnes vulnérables dans les régions de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua au Cameroun, selon un communiqué du PAM.
Ce financement intervient alors que les déplacements de population liés aux conflits et les chocs climatiques plongent des centaines de milliers de personnes dans une situation humanitaire critique. Il vise à soutenir les ménages pendant la période de soudure, moment où les pénuries alimentaires atteignent généralement leur pic et où la vulnérabilité s’accroît.
Selon le communiqué du PAM, cette intervention fait suite à la pression croissante exercée sur les ressources humanitaires au Cameroun, où l’insécurité alimentaire s’est aggravée en raison de la baisse des financements et de l’instabilité persistante.
Le communiqué révèle que près de 600 000 personnes risquent de perdre l’accès à une aide vitale, les contraintes financières limitant la capacité de réponse. Le PAM a indiqué que ce dernier soutien est essentiel pour maintenir les opérations à un moment où les besoins devraient atteindre leur niveau le plus élevé. « L’insécurité alimentaire s’aggrave. Les chocs climatiques s’intensifient et les familles déplacées épuisent leurs moyens de subsistance. Ce soutien nous permet d’agir dès maintenant et de protéger les plus vulnérables à l’approche de la période de soudure », a déclaré Gianluca Ferrera, représentant résident du PAM au Cameroun.
Le Japon a réaffirmé son engagement à soutenir les efforts de sécurité alimentaire et de stabilisation au Cameroun dans le cadre de son partenariat avec le PAM. Ce financement s’inscrit également dans le cadre d’efforts plus larges visant à renforcer la résilience des communautés touchées par les conflits et les déplacements de population. « Le Japon reste déterminé à promouvoir la sécurité humaine et à soutenir les populations les plus vulnérables du Cameroun. Grâce à notre partenariat avec le PAM, nous appuyons les efforts du gouvernement pour garantir la sécurité alimentaire et stabiliser les communautés », a déclaré Minami Kentaro, ambassadrice du Japon au Cameroun.
Selon les organisations humanitaires, le Cameroun est actuellement confronté à l’une des crises de déplacement les plus sous-financées au monde. On estime que 2,9 millions de personnes seront confrontées à une insécurité alimentaire aiguë entre juin et août 2026, dont environ 249 000 en situation d’urgence. Plus de 82 % des personnes touchées sont concentrées dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Adamaoua.
Le PAM a indiqué que le manque de financement en 2026 a déjà entraîné une réduction de plus de 35 % du nombre de bénéficiaires de l’aide. Sans ressources supplémentaires, les opérations pourraient être perturbées d’ici six mois, notamment pendant la période de pointe de la faim, lorsque les stocks alimentaires des ménages s’épuisent et que les risques sanitaires augmentent. « Le coût de l’inaction sera bien supérieur à celui d’une intervention rapide. Le Cameroun a besoin de financements supplémentaires pour maintenir ses opérations dans les mois à venir », a ajouté Ferrera.
Selon le PAM, l’organisation a besoin d’environ 40,4 millions de dollars de financements supplémentaires pour pérenniser ses programmes au Cameroun. Des données récentes de l’Institut national de la statistique (INS) indiquent que l’inflation au Cameroun est restée supérieure à 7 % en 2024, en partie à cause de la hausse des prix alimentaires, tandis que la Banque mondiale estime que près de 23 % de la population vit sous le seuil de pauvreté national.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) signale également que la variabilité climatique continue de perturber la production agricole, notamment dans les régions septentrionales. La dernière contribution japonaise devrait apporter un soulagement à court terme, mais les besoins de financement demeurent importants, car les besoins humanitaires continuent de s’accroître dans de nombreuses régions.




