(BFI) – Une délégation gouvernementale s’est en effet rendue à Washington le 10 mars dernier afin de présenter plusieurs projets aux autorités américaines et à des partenaires financiers.La mission réunissait notamment Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Energie, Clotaire Kondja, ministre du Pétrole et du Gaz, et Thierry Minko, ministre de l’Économie et des Finances. Les responsables gabonais ont rencontré Sarah Troutman, sous-secrétaire d’État adjointe chargée des affaires africaines au Département d’État américain.
Au cours des échanges, la délégation a présenté plusieurs opportunités d’investissement liées à l’énergie et à l’eau. Les autorités gabonaises souhaitent en effet renforcer la participation d’entreprises américaines dans ces secteurs jugés prioritaires pour le développement des infrastructures nationales.
Le gouvernement gabonais met notamment en avant un programme de développement de l’énergie et de l’eau élaboré sur 30 ans avec l’appui de la Banque mondiale. Un plan qui prévoit des investissements estimés à 162 millions de dollars à court terme et jusqu’à 540 millions de dollars sur sept ans. Ce développement intervient alors que plusieurs entreprises et institutions américaines participent déjà à des projets énergétiques au Gabon. Parmi elles figurent la major pétrolière ExxonMobil et la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), impliquées dans certains projets d’infrastructures énergétiques dans le pays.
La démarche du Gabon auprès des partenaires américains intervient dans un contexte de forts besoins de financement pour son secteur électrique. Le pays cherche en effet des ressources pour moderniser ses infrastructures électriques.
Selon les autorités, la région de Libreville fait face à un déficit énergétique estimé à environ 220 MW, un manque de capacité qui limite l’expansion des infrastructures numériques à forte intensité énergétique. Dans ce contexte, la sécurisation de nouvelles sources d’électricité constitue une condition préalable au développement du centre de données national dédié à l’intelligence artificielle, conçu pour héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique. Ce projet s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique conclu en janvier dernier entre le gouvernement gabonais et Cybastion pour développer les infrastructures numériques nationales. L’accord prévoit notamment la construction d’un data center de nouvelle génération à Libreville, destiné à héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique.
Au-delà des infrastructures, le partenariat comprend également un volet de développement des compétences. À travers le programme Africa DigiEmpower, mis en œuvre avec la Cisco Networking Academy, environ 1000 jeunes Gabonais devraient être formés aux métiers du numérique et de la cybersécurité.
Selon une analyse, les autorités ont engagé plusieurs initiatives pour structurer le financement du secteur énergétique. Parmi elles figure la création du Fonds national pour l’énergie et l’eau (FNEE), destiné à soutenir les projets liés à l’électricité et à l’accès à l’eau. Ce mécanisme vise à mobiliser des ressources publiques, privées et celles des partenaires techniques et financiers afin d’accélérer les investissements dans les infrastructures énergétiques.
En août 2025, Philippe Tonangoye a indiqué lors d’une sortie médiatique qu’environ 2000 milliards de francs CFA par an (près de 3,3 milliards de dollars) seraient nécessaires pendant sept ans pour moderniser et étendre les infrastructures d’électricité du pays. Ces investissements visent aussi à élargir l’accès à l’eau.
Antoine Mboussi



