(BFI) – Le régulateur camerounais des télécommunications a exhorté les opérateurs à poursuivre l’extension de la couverture réseau vers les zones mal desservies. Cette initiative vise à réduire la fracture numérique et à élargir l’accès aux services de télécommunications dans tout le pays.
Cette question a été abordée lors d’une réunion tenue le jeudi 10 septembre avec l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), en présence de Wanda Matandela, directeur général de MTN Cameroon, et de Patrick Benon, directeur général d’Orange Cameroon. La réunion était présidée par Philémon Zoo Zame, directeur général de l’ART.
Une couverture qui reste inégale
L’extension de la couverture des télécommunications figure parmi les priorités du Cameroun dans ce secteur. Selon les données de l’UIT, environ 12,2 % de la population camerounaise (estimée à 29,9 millions d’habitants) n’était pas couverte par la 2G en 2025. Pour la 4G et la 5G, cette proportion s’élevait à environ 25 %. La 5G n’a pas encore fait l’objet d’un déploiement commercial dans le pays.
L’extension de la couverture impose aux opérateurs d’installer de nouveaux sites de télécommunications dans les zones non desservies ou mal desservies. Cela implique d’identifier des emplacements appropriés, d’installer des pylônes ou des mâts et de déployer des équipements radio. Les opérateurs doivent ensuite raccorder ces nouveaux sites à leurs réseaux, généralement via des liaisons par fibre optique, des faisceaux hertziens ou, dans certaines zones, des liaisons par satellite. Ces installations nécessitent également une alimentation électrique, des équipements de transmission ainsi que des systèmes de surveillance et de maintenance.
L’extension des réseaux vers certaines parties du pays s’avère nettement plus coûteuse. Les zones rurales, où la population est plus dispersée, nécessitent davantage de sites et une infrastructure de collecte (backhaul) plus étendue pour desservir un nombre relativement restreint d’abonnés. La GSMA souligne que toucher la population restante non couverte exige généralement des investissements plus lourds, car ces zones sont souvent les plus difficiles et les plus onéreuses à desservir.
La qualité de service : un autre enjeu majeur
L’extension de la couverture ne suffira pas à elle seule. Les opérateurs devront également garantir une qualité de service adéquate dans les zones nouvellement raccordées. Cet aspect est d’autant plus crucial que la qualité de service constitue déjà l’une des principales préoccupations tant pour les consommateurs que pour les régulateurs au Cameroun. Les usagers se plaignent fréquemment d’interruptions de service, de difficultés à passer des appels, d’instabilité des connexions Internet et de débits de données réduits.
Par ailleurs, la couverture ne garantit pas à elle seule l’adoption des services. La qualité de service et l’expérience client déterminent si les populations utilisent régulièrement les services de télécommunications. Le coût des smartphones et autres appareils compatibles, le prix des appels et des forfaits Internet, ainsi que le caractère abordable et adapté des offres aux besoins des utilisateurs, peuvent également influencer l’adoption.
D’autres facteurs entrent en jeu, tels que les compétences numériques, la disponibilité de contenus et de services numériques utiles, ainsi que le niveau de confiance des utilisateurs quant à la sécurité de ces services. Selon DataReportal, 12,6 millions de personnes utilisaient Internet au Cameroun à la fin de l’année 2025, soit un taux de pénétration de 41,9 %. Concernant la téléphonie mobile, la même source faisait état de 29 millions d’abonnements mobiles, ce qui correspond à un taux de pénétration de 96,4 %. Ce chiffre ne reflète toutefois pas le nombre réel d’individus utilisant les services mobiles, dans la mesure où une même personne peut utiliser plusieurs cartes SIM.
Christian Trésor Adong




