(BFI) – Face à la dépendance liée aux importations de riz, le Cameroun va franchir un nouveau cap. Le pays ambition de produire à moyen terme 2025-2027, 460 000 tonnes de riz blanchi de qualité supérieure dans les régions septentrionales avec le soutien de la société israélienne Ekobell. Ce projet agricole doit accroître la production nationale de riz et contribuer à structurer la filière dans ces zones.
Le gouvernement camerounais et la société Israélienne Ekobell ont conclu le 6 février dernier, un accord visant à développer 10 000 hectares de rizicultures pluviales dans les régions septentrionales du pays. Le projet estimé à environ 98,4 milliards de Fcfa, doit permettre de produire 46 700 tonnes de riz Paddy sur une période de trois ans, ce qui correspond à 31 289 tonnes de riz blanchi. Selon les projections avancées par les promoteurs du programme, ce volume représenterait à terme près de 18% de la production nationale actuelle du riz blanchi de qualité supérieure.
Les superficies ciblées seront réparties entre plusieurs localité du Nord du pays. Dans la région du Nord, les activités agricoles devraient s’étendre notamment à Sirdjam et Pola, tandis que Mbé, dans la région de l’Adamaoua, figure parmi les zones retenues. Le programme devrait mobiliser environ 8 000 producteurs, selon les informations communiquées par les rapports du projet, avec les retombées attendues dans les activités agricoles, logistiques et industrielles liées à la transformation du riz.
Le poids du riz dans la facture alimentaire camerounaise reste élevé. Selon l’institut nationale de la statistique (INS), le Cameroun a dépensé 318,6 milliards de Fcfa pour importer le riz en 2024, soit 6,4% des importations totales du pays. Cette dépense a progressé de 58,6% en un an, d’après les données publiées par l’organisme public en charge des statistiques. Des signaux ponctuels de replis apparaissent néanmoins. La note de conjoncture économique du deuxième trimestre 2025 publiée par le ministère des Finances fait état d’une baisse de 14,2 milliards de Fcfa des importations de riz par rapport au trimestre précédent.
Face à cette dépendance, les autorités camerounaises cherchent à accélérer la production locale. Les projections contenues dans le document officiel de programmation économiques et budgétaire à moyen terme 2025-2027 indiquent que la production nationale devrait passer de 140 710 tonnes en 2024 à 460 000 tonnes en 2027. A plus long terme, la Stratégie nationale de développement de la filière riz vise un niveau de 750 000 tonnes d’ici 2030, ce qui correspond à un taux d’autosuffisance estimé à 97%. Cette ambition s’inscrit dans la stratégie nationale de développement de la filière riz, dotée d’un budget global évalué à 385 milliards de FCFA.
Malgré ces investissements et les projets en cours, la production nationale devrait rester inférieure à la demande intérieure. La consommation de riz, estimée à 576 949 tonnes dès 2020, continue en effet de progresser sous l’effet de la croissance démographique et de l’évolution des habitudes alimentaires.
Paul Nkala



