(BFI) – L’Égypte et le Cameroun envisagent d’élargir leur coopération dans les domaines de l’énergie, de l’eau et du développement des petites entreprises. Yaoundé recherche en effet des financements, des technologies et une expertise pour divers projets, allant de l’hydroélectricité et de l’énergie solaire au financement de start-ups et à la transformation du cuir.
Ces discussions ont eu lieu lors de la visite de Mohamed Karim Fouad Sharif, vice-ministre égyptien des Affaires étrangères chargé des affaires africaines. Il s’est entretenu avec le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, le 10 septembre, au lendemain d’une rencontre avec le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III. Selon le ministère camerounais de l’Eau et de l’Énergie, la réunion de Yaoundé a permis de passer en revue les besoins prioritaires du pays ainsi que les projets susceptibles de bénéficier de l’expertise, de la technologie et de la participation du secteur privé égyptiens.
La délégation comprenait l’ambassadeur d’Égypte au Cameroun et des représentants de l’entreprise de construction égyptienne The Arab Contractors. Les autorités camerounaises ont été invitées à soumettre des propositions détaillées et la documentation relative aux projets prêts à être lancés. M. Sharif a indiqué que cette mission visait à donner un nouvel élan aux relations bilatérales grâce à la coopération Sud-Sud et au renforcement des partenariats entre pays africains. « Nous devons œuvrer à bâtir une Afrique qui maîtrise ses propres ressources et les utilise pour son développement. Les États africains doivent mutualiser leurs expertises, leurs technologies et leurs capacités afin d’apporter des solutions africaines aux problèmes du continent », a déclaré M. Sharif.
Opportunités dans l’hydroélectricité, le solaire et le gaz
La présence de l’entreprise The Arab Contractors a conféré une dimension commerciale aux échanges. Cette société a participé, aux côtés d’Elsewedy Electric, à la construction de la centrale hydroélectrique Julius Nyerere en Tanzanie (d’une capacité de 2 115 mégawatts), officiellement inaugurée le 22 août 2026. La délégation égyptienne a également mis en avant son savoir-faire en matière de construction de barrages, d’énergie solaire, de dessalement d’eau de mer, d’irrigation et de gestion des ressources en eau. Les discussions ont porté sur le projet hydroélectrique de Kikot-Mbebe (500 MW). The Arab Contractors figure parmi les entreprises présélectionnées pour le contrat de génie civil de ce projet. La délégation égyptienne a par ailleurs manifesté son intérêt pour l’examen d’autres opportunités dans le secteur hydroélectrique camerounais.
M. Eloundou Essomba a désigné l’augmentation des capacités de production comme l’une des principales priorités du secteur de l’électricité au Cameroun. Il a mis en avant les projets solaires, notamment dans les régions du nord, où le gouvernement cherche à exploiter l’ensoleillement disponible pour diversifier la production d’électricité. Le Cameroun dispose déjà de centrales solaires à Maroua et à Guider, réalisées en partenariat avec l’entreprise norvégienne Scatec dans le cadre d’un contrat de location. Une extension de la capacité solaire est également en cours sur ces deux sites.
Les deux parties ont évoqué les ressources gazières du Cameroun et leur utilisation potentielle pour la production d’électricité. D’autres projets ont été présentés, tels que l’interconnexion des réseaux électriques du Sud et du Nord ainsi que des projets concernant la centrale hydroélectrique de Lagdo.
Dans le secteur de l’eau, les discussions ont porté sur les difficultés liées à l’extension de l’accès à l’eau dans les zones rurales. M. Eloundou Essomba a également mentionné des projets de construction de petits barrages de retenue d’eau.
Financement des start-ups et liens entre entreprises
Lors de la réunion du 9 septembre au ministère des PME, les deux parties ont examiné les moyens de mobiliser des financements internationaux pour les start-ups camerounaises, en particulier celles du secteur numérique. Les échanges ont également porté sur le transfert de technologie et la mise en place d’un cadre de dialogue impliquant des institutions égyptiennes spécialisées dans le développement des micro, petites et moyennes entreprises.
Les deux pays envisagent de relancer le projet de centre de formation aux métiers du cuir et d’ouvrir des négociations en vue d’un accord de coopération dans le domaine de l’artisanat. L’Égypte pourrait également partager l’expérience acquise grâce à sa stratégie de développement des PME à l’horizon 2030. Par ailleurs, l’organisation d’un forum d’affaires Cameroun-Égypte en Égypte a été évoquée. Les entreprises et investisseurs camerounais ont été invités à participer au Forum des affaires africaines d’El Alamein, prévu du 2 au 4 octobre.
Ces discussions visent à renforcer les liens entre les entreprises et les institutions publiques, à présenter des projets camerounais à des partenaires potentiels et à élargir la coopération dans les domaines de l’énergie, de l’eau, des PME, de l’artisanat, de la formation professionnelle et du transfert de technologie.
Bouba Yankréo




